Quick soutient les patrons des bars ?

Pour sa campagne publicitaire autour du " Patron ", le nouveau hamburger à la sauce à la bière, Quick, a décidé de louer les vitrines d’une centaine de cafés afin de les soutenir.

Dans l’espace publique, la publicité est réglementée !

Ce petit coup de pouce financier risque de coûter cher aux tenanciers des bars car dans l’espace publique, la publicité est réglementée.

Recevoir 500 euros pour coller une affiche publicitaire

A la base, une idée marketing : pour soutenir les bars fermés, Quick propose de coller sur leur vitrine, la publicité du nouveau burger à la sauce à la bière, "Le Patron". A la clef, une compensation financière de 500 euros par affiche posée. Certains bars recevaient moins, une proposition de 300 euros mais finalement, ils recevront tous 500 euros.

Les bars que nous avons contactés ce 9 mars n’ont toujours pas reçu l’argent alors que les affiches sont collées depuis la mi-février et ce pour une durée de 29 jours. Burger Brands Belgium nous a répondu : "Comme indiqué dans le contrat, le montant est déposé un mois après le placement de l’affiche. Le placement des posters a eu lieu entre le 15 et le 18 février. Chacun recevra donc son paiement à temps." Soit vers la mi-mars. Les tenanciers devront donc encore attendre ce coup de pouce.

Qu'en pensent les tenanciers ?

Une centaine de patrons de bistrots ont reçu cette proposition mais très vite certains se sont insurgés et ont refusé.

C’est limite au niveau éthique, ils profitent de notre faiblesse actuelle

C’est le cas de Goulven Dedonder qui exploite deux tavernes à Ixelles, Le Ram Dam et Le Murmure : "J’ai été scandalisé. Ils parlent de nous aider mais ce sont des cacahuètes qu’ils nous proposent. C’est limite au niveau éthique, ils profitent de notre faiblesse actuelle. Je n’ose pas imaginer quand nous serons en faillite, ce seront des gros comme eux qui reprendront nos commerces."

 

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Pour Medhi, ces 2 fois 500 euros vont mettre du beurre dans ses épinards © fws

Cela va m’aider à payer mes factures, à mettre du beurre dans mes épinards.

A La Louvière, Mehdi Mrakha gère trois bars, le Pilsor, le Forst et The Flanagan’s. … Pour les deux premiers, il a accepté d’apposer ces publicités sur les vitrines des deux premiers car pour lui, 500 euros ce n’est pas rien : " cela fait 8 mois que l’on est fermé alors recevoir ces 1000 euros, cela va m’aider à payer mes factures, à mettre du beurre dans mes épinards " Medhi n’a pas encore eu le temps de payer les taxes communales pour cette publicité. Mais il va y penser. Et il trouve cela logique : " On paie des taxes pour tout ! C’est logique que si je reçois de l’argent, je paie…"

Des sanctions de 250 à plus de 1000 euros…

Mais dans l’espace public, la publicité est réglementée. Tanguy Vandenput, Avocat, spécialisé en Droit de l’Urbanisme chez Xirius a analysé le contrat que la boîte de communication Happiness Brussels pour le compte de Quick propose aux tenanciers. "Il y a une indifférence totale par rapport à la réglementation urbanistique. Certes chaque cas est particulier au niveau des régions, des communes mais il y a des tailles de publicité à respecter qui vont de 20% de la superficie à maximum 2/3 de la vitrine. Dans certaines rues du quartier historique à Bruxelles, ces publicités sont même interdites."

Chaque situation est potentiellement différente et nécessite de tous les intervenants qu’ils prennent préalablement contact avec le service urbanisme de la commune concernée. " Il faut aussi savoir que la pose de telles publicités en contravention à une telle interdiction ou à une telle nécessité d’obtention préalable de permis d’urbanisme est passible de sanctions administratives comme un ordre d’enlèvement de l’affiche ou des amendes administratives et pénales dans le chef du poseur d’affiche et du propriétaire du commerce concerné." Soit les exploitants de bar.

Les sanctions peuvent s’élever de 250 à plus de 1000 euros !

Le montant des sanctions est bien plus cher que l’aide reçue du publicitaire alors que beaucoup d’établissements sont au bord de la faillite. "L’éthique publicitaire, souligne Tanguy Vandenput, serait de s’assurer auprès des différentes communes si l’affichage est légal ou non et non reporter l’éventuelle sanction sur les exploitants. "

Quid de la responsabilités des tenanciers ?

Pour sa part, Burger Brands Belgium nous dit "avoir examiné les règles applicables en région flamande, wallonne et bruxelloise. En Flandre et à Bruxelles, aucune autorisation n’est nécessaire pour autant que les affiches ne soient pas trop grandes (max. 4 m² en Flandre et max. 50% de la vitrine à Bruxelles). En Wallonie, aucun permis n’est requis pour coller des affiches sur une fenêtre. Les affiches livrées sont en conformité avec ces règles. Certaines communes pourraient imposer des contributions spécifiques. Comme cela dépend de commune en commune, nous avons demandé aux propriétaires de faire le nécessaire, comme c’est stipulé dans le contrat que nous avons passé avec chaque tenancier." 

Or notre spécialistes Tanguy Vandenput n'a relevé aucune mention concernant le point de vue urbanistique. Et le tenancier de Lalouvière, Mehdi Mrakha n'a pas reçu non plus cette information. Les tenanciers des bars sont donc pour la marque, les seuls responsables de LEURS affiches.

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