Quels sont les masques qui nous protègent le mieux du coronavirus ?

Porter un masque est primordial dans la lutte contre le Coronavirus. Oui, mais lequel choisir ? Un masque jetable ou en tissu ? Lequel est le plus efficace pour nous protéger du coronavirus ? Afin d’y voir plus clair, nous avons testé une vingtaine de masques.

Il en existe de tous les styles et pour toutes les bourses. Les prix varient de 39 centimes à 5,85 euros pour des jetables. Et de 99 centimes à 20 euros pour ceux en tissu.

Attention le virus est dans nos gouttelettes de salives !

Pour estimer leur efficacité dans la lutte contre la propagation du coronavirus, nous nous sommes rendus au cabinet du Professeur Boone, associé au service de dermatologie à Erasme. Ce spécialiste en imagerie cutanée non invasive a réalisé une Tomographie en Cohérence Optique (O.C.T.) avec deux appareils dont la résolution est de 3 micromètres.

Si le masque que l’on porte a des pores d’un micromètre, le virus inclus dans nos gouttelettes de salives ne sait pas passer et contaminer l’espace.

Plus les pores des matières utilisées pour la confection du masque sont petits, plus le masque protège, comme nous l’explique le professeur : "Le virus n’est pas isolé, il est inclus dans des gouttelettes de salive. Ces gouttelettes mesurent plus ou moins six micromètres. Et si le masque que l’on porte a des pores d’un micromètre, le virus seul pourrait passer mais comme il est inclus dans des gouttelettes de salive, il ne peut pas passer et contaminer l’espace."

 

Les meilleurs restent les FFP2

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Le Masque FFP2 est le plus fiable ! © gettyimage

Le professeur Boone a donc analysé la structure microscopique et les propriétés optiques d’une vingtaine de masques. Et ce dans les deux sens : de l’intérieur vers l’extérieur et inversement afin de voir si c’est l’espace et l’entourage qui sont protégés ou la personne qui le porte.

Les meilleurs sont les masques FFP2. Ils protègent dans les deux sens : la personne qui le porte mais aussi son entourage.

Ses conclusions sont sans appel : "Les meilleurs sont sans conteste les masques FFP2. Ils protègent dans les deux sens : la personne qui le porte mais aussi son entourage. Ils devraient être portés par toutes les personnes fragiles alors qu’actuellement, ils sont réservés au personnel de santé. " Ces masques FFP2 se trouvent  en pharmacie.  Leurs prix ont baissé de 5,83 euros (il y a un mois),  à 3 euros et peuvent être portés 8 heures.

Quid des masques jetables ?

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Masque jetable © Getty Images

Marc Boone a ensuite décortiqué quatre masques jetables : "Ils ne sont pas aussi efficaces évidemment que les masques FFP2 mais certains s’en approchent, selon l’analyse ".

Il existe juste une petite différence. Les masques (de type II) achetés chez Delhaize et en pharmacie sont un peu plus efficaces que ceux achetés chez Zeeman et Aldi.

Si une personne est contaminée en face de vous, elle peut vous contaminer.

Tous protègent bien l’espace mais moins bien le porteur du masque.

Et qu’en est-il des masques en tissu ?

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Masque en tissu © Getty Images

Pour les 14 masques faciaux en tissu testés, les résultats sont très variables. Seulement quatre d’entre eux ont des caractéristiques optiques comparables aux masques médicaux et peuvent être portés. Ils protègent l’espace de la contamination.

  • Le masque kaki 100% coton acheté chez Kruidvat à 1,99 euro.
  • Le masque à petit pois "Made In Belgium" composé de trois couches, sans mentionner la matière 9,99 euros.
  • Le masque noir de Chez Woldford double couche de 91% Polyester et 9% élasthanne à 20 euros.

Certains nécessitent un filtre

Ensuite, le professeur Boone a constaté trois masques moins fiables qui pourraient être utilisés mais de préférence avec un filtre notamment celui reçu par l’Etat : "Je pense que si on utilise correctement les filtres offerts par l’Etat, j’ai aussi l’analyse ce n’est pas mal. On approche la qualité d’un masque chirurgical et donc les gens doivent vraiment le mettre…

  • Le masque de la marque DIM : 100% coton traité au zolite d’argent et de cuivre, 1,99 euro pièce.
  • Le masque jaune à 0,99 euro de chez Zeeman, 60% polyester et 40% coton.
  • Le masque fédéral offert.

Certains devraient être interdits à le vente !

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© Tous droits réservés

Le professeur Boone estime que sept des masques analysés devraient être interdits. Et si on les porte, l’inclusion d’un filtre efficace doit être obligatoire.

  • Les deux masques à paillettes, sans marque et considérés comme des accessoires de mode. Comptez 5 euros pour l’argenté acheté dans une boutique de vêtements et 9,99 euros pour celui de couleur noire Lavable seulement à 30 °C trouvé chez Véritas.
  • Le masque couleur chair de chez Sloggi : 55% modal, 29% polyamide et 16% élasthanne : 7,49 euros.
  • Le masque "Stay Safe !" de chez Hema en 100% coton : 1,83 euro
  • Le masque Insua – Nora de chez Véritas à 7,99 euros 90% polyamide et 10% élasthanne
  • Le masque Playmobil en plastique où on ajoute un mouchoir en papier plié en deux comme filtre.
  • Et enfin, le Buff orange de chez Decathlon, 4 euros, le tour de cou en 100% polyester que certains utilisent comme masque et qui est une vraie passoire… Cet accessoire doit rester simplement une écharpe.

Et en réalité ?

Au-delà de la matière et de la théorie, nous avons voulu tester ces masques dans la pratique. Pour ce faire, le laboratoire de l'Institut de la Matière Condensée et des Nanosciences de UCLouvain a mis au point montage optique pour analyser nos masques. L’ingénieur, Alexis Libert nous explique : "L’objectif, c’est de mesurer la diffusion des postillons générés par une personne qui parle avec ou sans masque. Cette diffusion est observée dans une nappe de lumière que l’on obtient à l’aide d’un laser vert très puissant" que nous avons filmé avec un appareil photo."

Et voici les résultats pour les masques jetables. "Dans le cas où on n’a pas de masque, on a 35O particules par images" souligne Alexis Libert. " Au final, si on additionne le nombre de particules lorsque la personne dit trois fois la phrase : "ton papa part à Paris ". On peut observer 35.000 à 40.000 particules. Tandis que dans le cas où on a un masque jetable, on ne voit rien. Si ce n’est un bruit de fond. Là, on voit clairement que les masques jetables sont efficaces. "

Il vaut mieux mettre un mauvais masque que pas de masque. Par contre, il vaut mieux un bon masque qu’un mauvais masque.

Pour ce qui est des modèles en tissu, Alexis Libert s’est rendu compte qu’il était très difficile de les départager. Les données varient fortement selon le fait que ce soit une femme ou un homme qui dit la phrase, le ton et l’intensité de la voix ou encore la façon dont le masque s’adapte au visage. Mais l’expérience montre que malgré tout les masques les moins fiables filtrent malgré tout un minimum les postillons.

Alexis conclut avec humour : "On voit vraiment qu’un masque est utile et qu’il vaut mieux mettre un mauvais masque que pas de masque. Par contre, il vaut mieux un bon masque qu’un mauvais masque. Il faut quand même être vigilant par rapport à ce que l’on met. "

Suite à notre test, Véritas a retiré 12 modèles de ses magasins !

La firme Véritas nous a contactés suite à notre test. Véronique Mathys, Senior manager s’est avouée étonnée quant à votre conclusion sur leur masque INSUA – NORA : "En mars 2020, nous l’avons fait tester avant sa commercialisation par le laboratoire HEX, agréé par l’État à l’époquePour les " community masks ", les résultats sont positifs concernant les critères obligatoires à savoir : l’efficacité de filtration, le passage de la respiration, l’inspection des lanières et l’aspect visuel. Ce masque est produit en Italie et a été également sélectionné par les autorités italiennes au début de la lutte contre la pandémie."

Mais notez que nous retirons de la vente 12 références de masques fashion ne présentant qu’une couche de tissus.

Quant aux autres masques vendus par Véritas, Véronique Mathys précise qu’ils ont des origines différentes. Elle ajoute, " plus de 95% de l’assortiment présente 2 couches de tissus, ce qui permet d’insérer un filtre afin d’augmenter la protection. Sur l’emballage il est conseillé de porter les masques fashion avec un tissu. Ces filtres font également partie de notre assortiment et coûtent 4,99 euros pour un lot de 10. Mais notez que nous retirons de la vente les masques fashion ne présentant qu’une couche de tissus ".

Véronique explique que les masques qu’ils vendent sont tous présentés comme " masques barrière " ou " masques buccaux à usage quotidien " (community masks), et non comme " masques médicaux ". Selon la législation, cette mention doit apparaître sur le packaging. " Nous avons suivi la réglementation en vigueur " conclut-elle.

Beaucoup d’emballages des autres marques le mentionnent mais pas tous. Et souvent, c’est écrit dans un langage peut compréhensible pour le consommateur. Ces informations, souvent écrites en anglais indiquent : "Cet article n’est pas un dispositif médical, un équipement de protection individuelle (EPI) au sens du règlement UE 2016/425. Cet article ne prétend pas protéger contre les maladies infectieuses", ou encore "Ce dispositif n’est pas un dispositif médical au sens du règlement EU/2017/745 "

A quand différentes tailles et un label de qualité ?

Difficile de s’y retrouver. S’il existe des normes pour les masques médicaux pourquoi n’existe-t-il pas de normes pour les masques en tissu ? Un label de qualité obligatoire permettrait-il d’y voir plus clair pour le consommateur ?

Et Si la qualité du masque a de l’importance, sa taille aussi. Il doit s’adapter au mieux à votre visage et c’est souvent malheureusement rarement le cas ! À quand des masques jetables ou en tissu de différentes tailles S/M/L/XL ?

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