Quelle reprise pour le tourisme en Wallonie ? L'exemple de Chevetogne

Barques et canoës attendent le touriste à Chevetogne
5 images
Barques et canoës attendent le touriste à Chevetogne - © JC WILLEMS

En ce lundi ensoleillé, le monde ne se presse pas devant les barrières du domaine provincial de Chevetogne. On croise bien quelques touristes sur les terrasses des cafés et restaurants mais ils se comptent sur les doigts des main. Sur les plaines de jeux, les rares enfants présents ont l'embarras du choix.

D'habitude, à pareille époque, le parc de 600 hectares accueille les écoles en classes vertes ou en excursion de fin d'année. Toutes ont été annulées pour cause de crise sanitaire. Même ce dimanche, la foule n'était pas vraiment au rendez-vous. "Il semble que le public se pose encore beaucoup de questions et se montre très prudent. D'autant que même si elles ouvrent les unes après les autres, toutes les activités ne sont pas accessibles et c'est toujours le flou pour plusieurs d'entre-elles.", nous confie Elise Honnay, responsable communication du domaine.

Le public se pose encore beaucoup de questions et se montre très prudent. De plus, toutes les activités ne sont pas encore accessibles.

Il est vrai qu'en quelques semaines, les choses ont bien évolué et il est parfois difficile de s'y retrouver dans ce qui est autorisé ou non.

Ce que l'on peut faire (ou pas)

Considéré comme un parc animalier, Chevetogne a pu ouvrir ses portes il y a quelques semaines. On y vient bien entendu pour profiter de sa nature luxuriante, mais aussi pour ses infrastructures sportives, récréatives ou d'hébergement. D'ailleurs, parmi les premiers visiteurs, on comptait beaucoup de possesseurs de caravanes résidentielles, considérées comme secondes résidences.

Depuis la semaine dernière, l'horeca et les autres logements ont également pu rouvrir. Mais attention, les gîtes de grande capacité restent fermés. Les nombreuses plaines de jeux sont aussi accessibles, à l'exception des jeux intérieurs. On peut aussi utiliser les canoës et les barques mais pas la piscine. Celle qui est considérée comme l'un des produits phares du domaine pourrait recevoir les premiers nageurs en juillet, à condition que le protocole d'ouverture le permette. A l'heure d'écrire ces lignes, il n'était pas encore publié par les autorités politiques et de nombreuses craintes persistent quant à l'utilisation des vestiaires et sanitaires. 

Le sort par contre semble scellé pour le petit train touristique. Comme il sera impossible de maintenir la distanciation physique ou de procéder à la désinfection systématique, il n'est pas prévu qu'on l'utilise de sitôt. 

Le Musée d'Histoire(s) Naturelles(s), le MHiN, gardera ses portes closes car tous les objets s'y manipulent alors que le NEM, le Nature Extraordinary Museum, pourrait être accessible vers le 21 juillet. 

Alors qu'on ne peut plus organiser de fêtes d'anniversaire sous couvert d'une activité officielle, on devrait pouvoir reprendre les rendez-vous nature avec guide dès le 21 juin.

Bref : un vrai casse-tête d'autant que la législation évolue très rapidement pour l'instant. Même pour les gestionnaires, il est très difficile de s'y retrouver. Ainsi, si les nombreux terrains de sports sont utilisables, peut-on autoriser la pratique du basket-ball alors qu'il est considéré comme sport de contact ? Et s'il est pratiqué au sein d'une même "bulle" familiale ?

Moins de rentrées, plus de dépenses

Le domaine de Chevetogne, qui dépend de la province de Namur, compte pas moins de 75 employés auxquels s'ajoutent une vingtaine de saisonniers et autant d'étudiants en été. Une petite entreprise qui doit être en permanence entretenue. Or, le confinement a donné un coup de frein terrible à la saison. Et au moment où arrivent les premiers visiteurs, il faut renforcer les mesures de sécurité et engager du personnel supplémentaire.

Pour les activités nautiques, tout doit être désinfecté après chaque utilisation de matériel. Idem pour les clubs et balles de golf, nettoyés en profondeur. Plus question pour le personnel d'aider les touristes à monter à bord des barques : il a fallu construire une rampe. De plus, trois stewards ont été formés pour épauler les gardes et rappeler les consignes de sécurité et de prévention.

Il s'agit bien évidemment de dépenses exceptionnelles qui ne seront pas compensées par les billets d'entrée. Car pour attirer le chaland, si le tarif de 10 euros est maintenu, il ne s'applique qu'aux personnes âgées de 16 ans ou plus. Pour les autres, c'est gratuit !

Quant aux excursions scolaires et aux classes vertes, qui représentent 4 000 visites par an, elles ne pourraient recommencer qu'en septembre.

Mais quelques éclaircies se dessinent quand même. Les réservations pour les logements familiaux affichent presque complet pour les vacances.

Le parc est désormais ouvert et de nombreuses activités ont pu reprendre ou vont le faire, ce qui était encore peu imaginable il y a un mois de cela.

Il n'y a peut-être pas encore grand monde, mais à Chevetogne, on respire un peu mieux. Et l'air du domaine y est particulièrement vivifiant.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK