Privée de foire, une famille de forain ouvre devant chez elle

La famille Sellier - De Coninck a décidé d'ouvrir sa baraque à hamburgers devant chez elle.
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La famille Sellier - De Coninck a décidé d'ouvrir sa baraque à hamburgers devant chez elle. - © RTBF

C’est une situation inédite pour la famille Sellier-De Coninck. Cette famille de forains ouvre sa baraque à hamburger six jours sur sept, juste devant chez elle.

Ouvrir ou tomber

Ses autos-tamponneuses et autres attractions foraines restent, elles, au dépôt.

Si ça continue comme ça, beaucoup de familles dans le monde de la foire vont tomber.

Le papa, Christophe Sellier, nous explique la raison principale de cette initiative : "C’est très compliqué, très compliqué parce que, même si les manèges ne sont pas montés, même si les foires sont annulées, l’entretien reste le même sur les manèges, donc, les frais sont très élevés et on a vraiment du mal, quoi ! Si on doit continuer comme ça, encore quelques mois, je pense que beaucoup de familles dans le monde de la foire vont tomber."

Annulations en cascade

Cette baraque à hamburger est toute neuve. Elle n’a encore connu aucune festivité. Elle devait être inaugurée pendant la foire de Liège.

La foire de Liège, c'était notre dernier petit espoir et ils nous l’ont enlevée aussi.

Problème : l’événement, comme bien d’autres, a été annulé, comme nous l’explique la fille Wendy Sellier : "J’avais déjà eu le cas à la foire du midi. J’avais deux emplacements à la foire du midi. Ça a été supprimé aussi. Et puis, ici, c’était un dernier petit espoir qu’on avait et ils nous l’ont enlevé aussi." 

Pour cette famille de forain, l’annulation de la foire de Liège, c’est un gros coup au moral, mais surtout, c’est un sacré manque à gagner. Christophe Sellier témoigne : "C’est un événement très important pour nous, oui. C’est une bonne partie de notre chiffre d’affaires annuel, entre 40 et 50 pour cent, de notre chiffre d’affaires annuel. C’est très dur, franchement !"

Du jamais vu !

En désespoir de cause, grand-mère, père, mère, fille et beau-fils ont décidé d’ouvrir donc devant chez eux.

Ce n’est pas avec les droits passerelles qu’on va s’en sortir !

Si le public ne peut plus se rendre à la foire, la foire viendra à lui. "Ça nous permet de survivre un peu, surtout pour les enfants. Ce n’est pas avec les droits passerelles qu’on va s’en sortir, quoi !" conclut Christophe Sellier.

La grand-mère, pensive et inquiète, regarde sa descendance s’affairer à l’ouverture de la baraque à hamburgers. Elle qui a lancé l’affaire avec son défunt mari, n’avait jamais rencontré une telle situation en quarante ans de métier.

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