Près de 900 euros de frais forfaitaires pour une hospitalisation? C'est légal!

Olivier nous a écrit pour nous faire part de sa surprise. Son fils est à l'hôpital pour un séjour de longue durée. Après un mois, la première facture tombe. Olivier l'épluche. Et c'est lui qui tombe. Qui tombe des nues en tout cas.

- J'ai remarqué que des frais forfaitaires de près de 900 euros sont facturés. L'essentiel est payé par la mutuelle, mais il reste une cinquantaine d'euros à ma charge. Et je ne comprends pas ce qu'il y a dans ces frais forfaitaires. C'est facturé sous les vocables de biologie clinique et d'imagerie médicale, sans plus...
- Et votre fils, il a eu ces soins?
- Absolument pas!

Qui a commis ce forfait?

Olivier demande alors à l'hôpital à quoi correspondent ces frais. Quand la réponse arrive, elle tient en quelques lignes: c'est légal, c'est basé sur les règles de l'INAMI et c'est un forfait à payer qu'on ait bénéficié de ces soins ou non. Et ça, ça énerve un peu Olivier:

Où va cet argent par rapport à d'autres frais forfaitaires? Parce qu'on mutualise peut-être tout, mais un forfait plus un forfait plus un forfait, ça augmente les sommes.

En fin de compte, c'est nous qui payons

Et ne tentez pas de dire à Olivier que ce n'est pas grave puisque c'est la mutuelle qui paie et pas lui...
Mais non, c'est nous qui payons, par nos impôts! Et quand la Sécurité sociale va mal et qu'on augmente les impôts ou qu'on diminue les remboursements, c'est quand même toujours le citoyen qui paie!

Pour en avoir le cœur net, direction l'INAMI

Nous avons rendez-vous avec Benoît Collin, qui en est l'Administrateur général adjoint. Et Benoît est rassurant : ces forfaits existent depuis plus de vingt ans et ne sont pas une manière d'extorquer des sommes folles aux mutuelles.
Effectivement, pour certains séjours, peut-être que l'hôpital va percevoir le forfait sans faire aucun acte. Par contre, pour d'autres séjours, il va dépenser beaucoup plus parce que le patient aura besoin de beaucoup plus d'actes et donc, pour l'ensemble, ça se répartit de façon équilibrée.


Tout est sous contrôle

Le but étant de payer à peu près la même facture quel que soit l'hôpital, tout en contrôlant les dépenses. Le forfait ne couvre que 75% des dépenses encourues par les hôpitaux en biologie clinique et imagerie médicale. Les 25% restants sont payés en fonction des actes réellement posés. Une façon, pour les mutuelles et l'INAMI, de contrôler la réalité des prestations et de vérifier qu'il n'y a pas d'abus.

Il n'y a pas d'abus, explique Benoît Collin, car on contrôle, on surveille et on vérifie. Le premier contrôleur, c'est la mutuelle qui reçoit les factures de l'hôpital, qui peut vérifier si la consommation à l'acte n'est pas trop basse, trop haute ou anormale. En cas de doute, les mutualités, comme le service de contrôle de l'INAMI peuvent descendre dans l'hôpital et vérifier les dossiers médicaux.

Retour chez Olivier. Il veut bien comprendre le mécanisme, mais il trouve qu'il manque quand même furieusement de transparence. Moralité: quand vous recevez une facture... lisez la avant de payer!

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK