Peut-on délivrer des médicaments dans les distributeurs automatiques de parapharmacie ?

Vous les avez vus… Ils sont dans la rue, toujours près d’une pharmacie. Il n’y en a pas encore beaucoup : 150 environ en Belgique. Les distributeurs automatiques de parapharmacie permettent d’acheter toutes sortes de produits : dentifrice, préservatifs, lait pour bébé.

Vraiment permis ?

Et ça fonctionne plutôt bien. Comme un distributeur : commander, payer, recevoir. Simple comme « bonjour ! ». Mais tout cela est-il vraiment permis ? Les pharmaciens que nous avons contactés n’ont pas voulu nous donner d’interview : déontologie, peur du procès, prudence, méfiance disent-ils… Alors, nous avons posé la question à l’association pharmaceutique belge. C’est permis, bien entendu ! Mais tout n’est pas permis. « Ce qui n’est pas permis, c’est les médicaments. Il est utile, pour la dispensation d’un médicament, que le médicament ait adapté à la personne et que la personne peut l’utiliser de la manière la plus sécurisée possible. Et ça, ça nécessite le contact avec le pharmacien, c’est ce qu’on appelle les soins pharmaceutiques » explique Alain Chaspierre, Président de l’Association Pharmaceutique Belge.

La loi prévoit d’ailleurs que « Les médicaments doivent être remis au patient dans la pharmacie ». Mais alors, si le médicament n’est pas disponible quand vous venez à la pharmacie, comment faire ? En fait, c’est une exception… Vous pouvez, en accord avec le pharmacien, le retirer en dehors de l’officine, dans un coffre ou même au distributeur, comme ici. Il faut alors pouvoir s’identifier avec un code : « Effectivement, si le patient ne sait pas venir pendant les heures d’ouverture de la pharmacie, c’est un système qui permet l’accessibilité aux médicaments tout en ayant l’assurance d’avoir reçu les conseils nécessaires à la bonne utilisation des médicaments. Donc a priori dans ces contextes-là, il n’y a pas de problème » précise à nouveau Alain Chaspierre.

Tout site web doit être lié à une pharmacie physique, avec un pharmacien qui contrôle les commandes

Autre cas de figure : la commande de médicament sans prescription sur le net. Vous passez commande et cela arrive directement chez vous. C’est permis mais il y a une condition essentielle : « Tout site web doit être lié à une pharmacie physique, avec un pharmacien qui contrôle les commandes ». Etant donné le succès des pharmacies en ligne, est-ce vraiment toujours le cas ? Un pharmacien vérifie-t-il toutes les commandes passées sur internet ? Pour Alain Chaspierre, « On constate qu’effectivement les études montrent que ce n’est pas toujours le cas et on plaide vraiment pour un renforcement de cette législation pour en tout cas assurer que même en ligne, les services soient de qualité, comme dans une pharmacie ouverte au public. Il y a cependant des efforts à faire… ».

Comme quoi, le dossier « distribution de médicaments » n’est pas encore clos. La législation devra certainement être adaptée pour répondre aux différentes évolutions technologiques…

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