Paysans-Artisans : une coopérative qui défend les producteurs locaux et encourage la consommation locale

Si vous êtes namurois vous connaissez probablement la coopérative Paysans-Artisans. Régulièrement, de nouveaux points de dépôts, ce qu’ils appellent "points de R’Aliment", voient le jour, dans neuf communes namuroises. Depuis 2013, elle veut défendre les producteurs locaux et encourager les consommateurs de la région à consommer local. La coopérative ne cesse de grandir, avec de nouveaux points de ventes, de nouveaux projets. On y trouve principalement des produits locaux (85%), bio ou issus d’une agriculture raisonnée.

Les producteurs qui fixent eux-mêmes les prix de vente

Pol, dit le chanteur, n’a pas une minute à perdre… Avec les bénévoles, il prépare les commandes des clients. " Ici, on est en train de distribuer tous les paniers des points de R’Aliments qui sont livrés chaque vendredi. Une fois que tout est mis dans les paniers, on charge tout dans les camions et ça part en début d’après-midi pour être livré dans les différents points de vente " explique Pol Thiry. " Aujourd’hui, nous avons plus ou moins 250 paniers à remplir, hier il y en avait 130 et samedi il y en aura 68 je pense ".

Dans le même temps, les producteurs comme Alice viennent déposer leurs produits. Ils fixent eux-mêmes leurs prix de vente. La coopérative représente une aubaine. Alice explique : " Ce qui nous soulage beaucoup c’est le fait qu’il y ait beaucoup de communication fournie pour Paysans-Artisans, car nous, on n’a pas forcément le temps de le faire, et ça, c’est quand même un travail assez fondamental pour pouvoir valoriser notre produit et notre travail. Cela se traduit par des ventes en plus, et par un prix plus intéressant aussi car ils font une marge moins importante qu’un revendeur qui doit forcément faire une marge pour pouvoir en vivre aussi ".

85 producteurs, 25 employés et un millier de produits

Depuis 2013, la coopérative a bien grandi. 85 producteurs, 25 employés, un millier de produits… Un succès qui ne doit rien au hasard. Benoît Dave, Coordinateur de la coopérative, explique les raisons de ce succès… " Beaucoup de nos producteurs ont moins de dix ans d’existence. Avec plein d’énergie et une envie de faire autrement. Puis de l’autre côté, il y a des consommateurs qui n’en pouvaient plus des produits industriels et de la grande distribution, et qui voulaient trouver autre chose. Et c’était cette conjonction-là qui a fait que ça a pris au départ, mais maintenant il faut durer. Et pour durer, il faut organiser ces producteurs, organiser des filières, les structurer ". La coopérative peut compter sur 450 bénévoles qui animent les points de dépôt, auxquels sont venus s’ajouter deux magasins en ville.

Ces magasins représentent la moitié du chiffre d’affaires. Une ou deux adresses supplémentaires verront le jour dans quelques mois. Un choix stratégique payant selon le professeur Alain Decrop. " L’élément numéro un qui fait souvent qu’un consommateur va fréquenter un magasin, c’est la proximité et la distance par rapport à son domicile. Donc pour les circuits courts, c’est la même chose. L’idée de positionner des magasins physiques dans des centres-villes bien peuplés est une excellente idée. Ce n’est pas un hasard que cela fonctionne bien dans des villes comme Ottignies ou comme Namur car c’est clair que l’on est face à des milieux sociaux économiques plus favorisés qu’en moyenne en Belgique… ".

La coopérative poursuit son développement, l’objectif : s’ancrer durablement dans le paysage namurois. Bientôt, un deuxième bâtiment, des ateliers, un abattoir de volailles, ou encore une bocalerie verront le jour… Les circuits courts représentent aujourd’hui environ 5% de part de marché, mais progressent chaque année, là où la grande distribution stagne…

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