Passer une IRM: la galère des files d'attente

Nous avons tenté l’expérience : obtenir un rendez-vous pour une IRM (imagerie par résonance magnétique) dans les plus brefs délais… Cela n’étonnera pas, force est de constater qu’il faut s’armer de patience : un mois, dans les meilleurs cas, un an dans les plus mauvaises configurations !

Cet état de fait résulte de plusieurs facteurs : d’abord, l’IRM est devenue un outil diagnostique majeur, devant les scanners ou les échographies. Elle permet d’observer les tissus mous, comme les muscles, le foie, les reins mais aussi elle est aussi très utile dans les accidents vasculaires cérébraux ou la maladie d’Alzheimer par exemple. L’examen est indolore, il ne génère pas d’irradiations, ce qui préserve la santé des patients, et en 2016, les médecins l’ont prescrit un million de fois.

Pour faire face à la demande, bon nombre d’hopitaux se sont équipés mais sans obtenir préalablement l’agrément nécessaire qui est soumis à une programmation fédérale.

C’était sans compter les contrôles de l’Inami : les installations non reconnues n’ont plus été remboursées, diminuant de facto le nombre de plages disponibles.

Moins d’appareils donc, toujours plus de patients alors, forcément, les files d’attente se sont allongées. En Flandre mais pas seulement, les hôpitaux ont dû trouver la parade : "Les délais pour obtenir un rendez-vous sont importants dans tous nos hôpitaux, explique Yves Smeets, le directeur général de Santhea, une fédération hospitalière qui représente près de la moitié des hôpitaux en Wallonie. Du coup, pour contrer cet état de fait les établissements hospitaliers ont largement élargi les plages horaires : soit ils ouvrent très tôt le matin jusque 22-23h00 le soir, soit ils permettent aux patients de venir passer leur examen le week-end."

Consciente des enjeux en termes de santé publique, la ministre Maggie De Block a marqué son accord pour augmenter le parc d’IRM dans notre pays.

Avec 121 appareils sur le territoire, la Belgique figure en effet dans la basse moyenne européenne. 18 appareils supplémentaires devraient être implantés d’ici 2 à 3 ans. Cela suffira t-il à résorber les files d'attente ? Les spécialistes du secteur ne le pensent pas.

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