Panne de voiture : mieux vaut comparer avant de réparer

"Les garagistes sont tous des voleurs !" Combien de fois n'a-t-on pas entendu cette vieille rengaine ? Et pourtant, l'automobiliste est souvent bien heureux de pouvoir faire appel à leurs services. En cas de panne ou problème technique, il devra bien faire confiance à son réparateur. Mais la confiance, cela s'acquiert, et notre expérience du jour ne va malheureusement pas ôter certains doutes dans l'esprit des gens...

On a créé une panne (simple)

Nous avons voulu tester la perspicacité des garagistes à identifier et réparer une panne simple pour un prix correct. Pas question de piéger outre-mesure les réparateurs en concoctant quelque chose de vicieux. En théorie, deux minutes à peine suffisent pour repérer le problème et moins d'un quart d'heure pour le résoudre. Et pourtant, Geaoffrey Balcaen, formateur au Centre de Compétences du Forem Logistique et Autotech, n'y est pas allé de main morte. Il a démonté un capteur d'ABS de la roue arrière gauche de la Golf VI d'une collègue et l'a rendu inopérant. Après avoir refixé cette petite pièce de quelques centimètres, un premier signal apparaît sur le tableau de bord. Les témoins d'ABS, d'ESP (contrôle de trajectoire) et de pression de pneus s'allument en permanence. Un bon indicateur pour le garagiste. Pour affiner le diagnostique, il lui suffira de brancher son ordinateur sur la prise dédiée du véhicule. L'indication de défaillance du capteur arrière gauche sera indiquée en toute lettre. En cas de doute, il n'aura qu'à inverser les capteurs de deux roues et revérifier sur son ordinateur. Selon Geoffrey : "Il s'agit d'une panne relativement fréquente, facile à identifier. Le capteur d'ABS coûte un peu près 75 € auxquels il faut ajouter la main d'oeuvre, le branchement de l'ordinateur et éventuellement l'essai routier. Au total, la réparation ne devrait pas excéder 200, voire 250 euros grand maximum."

Et on a vérifié sur le terrain

Notre collègue Véronique, à qui nous avons rendu une voiture avec l'ABS et l'ESP défectueux, prend alors contact avec deux concessions officielles de la marque, l'une en Brabant Wallon, l'autre dans le namurois. Si la première lui signale le danger et l'invite à se présenter immédiatement au garage, l'autre propose un rendez-vous six semaines plus tard, en lui demandant de conduire prudemment. Après négociations, on avance le rendez-vous de trois semaines.

Dans la première concession, la panne est identifiée sans problème. Le devis chiffre la réparation à 180 euros, ce qui est raisonnable pour un garage officiel.

En attendant le rendez-vous de la deuxième concession, Véronique décide de prendre la température du côté de trois garagistes indépendants, à l'improviste. Si tous n'effectuent pas la vérification avec l'appareil de diagnostique, faute de temps, ils cernent néanmoins le problème de capteur et évaluent la réparation entre "une centaine" et 140 euros. Rien que du très honnête. 

On s'achemine donc vers un sans faute, mais la dernière concession officielle nous réserve une surprise de taille. Après avoir immobilisé la voiture plusieurs heures, la sentence tombe : "Le roulement arrière gauche est foutu. Il faut le changer de même que le capteur d'ABS", nous explique l'employé en tendant le devis. En comptant le devis de plus de 60 euros, les frais de réparation s'élèvent à près de 700 euros !

De retour chez Autotech pour remplacer la pièce défectueuse, nous racontons notre périple au formateur Geoffrey. "La bonne nouvelle, c'est que quatre des cinq garagistes ont vraiment bien cerné le problème et proposent des devis vraiment honnêtes. Mais force est de constater qu'une concession officielle s'est vraiment plantée."

Bien entendu, une erreur commise par un apprenti est toujours possible, d'où l'intérêt de comparer et se renseigner. Mais avec de simples vérifications, il était tout à fait possible de l'éviter.

Ah, au fait, on a vérifié deux fois plutôt qu'une : les roulements du véhicule sont en parfait état...

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