Où sont passés les demandeurs d'asiles et les réfugiés du Parc Maximilien ?

Où sont passés les demandeurs d'asiles et les réfugiés du Parc Maximilien ?
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Où sont passés les demandeurs d'asiles et les réfugiés du Parc Maximilien ? - © Mehdi Kassou ASBL Plateforme Citoyenne BxlRefugees

« Restez chez-vous », c’est le mot d’ordre du gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus. Un ordre que les fonctionnaires de police de la capitale ont appliqué avec beaucoup de zèle aux réfugiés et demandeurs d’asile du parc Maximilien dès le début de la crise. Mais pour aller où ? Comment rester chez soi lorsque l’on est sans abri ?

Certaines personnes ont trouvé refuge dès le début du confinement auprès de familles d’accueil aux quatre coins du pays.

Ils vivent désormais ensemble en permanence sans que cela pose problème. " Certains réfugiés et demandeurs d’asile sont considérés depuis longtemps comme faisant partie de la famille " explique Mehdi Kassou, responsable de BxlRefugees, la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés.

Nous avons d’abord pensé que le covid-19 allait rendre très compliqué l’hébergement parce que beaucoup de nos hébergeurs sont des séniors. Nous avons même demandé qu’ils n’hébergent plus. Finalement les " jeunes " ont pris le relais avec leurs " habitués ". 

Confinés à l’hôtel

Pour nous, c’est un win win, il faut bien l’avouer.

Restait encore 120 personnes à héberger ou du moins à confiner. La solution est venue d’un hôtelier bruxellois. Le 20 mars, l'hôtel propose ses chambres aux personnes réfugiées ou aux demandeuses d’asile. " Le coronavirus a créé une énorme crise dans le secteur hôtelier. Normalement nous sommes complet tous le mois de mars. Ici, deux tiers des réservations ont été annulées à cause du confinement. C’est notre seule solution pour ne pas devoir mettre la clef sous le paillasson ". 

A l’entrée de l’hôtel, du gel désinfectant, des masques, et un règlement d’ordre intérieur très stricte quant aux mesures d’hygiènes. Les chambres accueillent de deux à cinq personnes, qui restent confinées, sauf pour les repas, servis à tour de rôle par petits groupes, pour respecter les distances. 

Nous avons réduit nos prix au stricte minimum.

Ce n’est pas avec cela qu’on va gagner de l’argent, mais au moins nous n’en perdons pas " se rassure le gérant de l’hôtel. " On passe parfois de 70 à 25 euros la chambre, ce qui correspond aux frais de fonctionnement ". En plus de ces frais d’hébergement, selon Mehdi Kassou, prendre en charge toutes ces personnes coûte environ 1 300 euros par jour (repas, hygiène, soins, etc.).

Qui paye ?

Tout ceci fonctionne presque uniquement sur les dons des citoyens solidaires.

Une aide est également fournie par la Fondation Roi Baudouin, et la Région Bruxelloise pour les frais d’hôtel. Sans compter le travail bénévole des interprètes, des aides sociales, des médecins et aides soignants de Médecins du Monde et de Médecins Sans Frontière, etc. 

Un petit monde confiné à l’hôtel qui respecte plus que jamais le protocole d’hygiène imposé à tous. Certain réfugiés et demandeurs d’asile infirmiers dans leurs pays se proposent également comme bénévole, d’autres, polyglottes, facilitent les dialogues entre bénévoles et " invités ". 

D'autres hôtels à venir ?

Le principe fonctionne si bien qu’un deuxième hôtel a ouvert ses portes entre temps.

Un cahier des charges a été adressé par la Plateforme Citoyenne aux bourgmestres des 19 communes bruxelloises pour généraliser ce type d’hébergement d’urgence.

200 personnes sont aujourd’hui en sécurité, confinées à l’hôtel grâce à cet élan citoyen.

La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés appelle néanmoins aux dons pour que ce système fonctionne le temps de la crise.

Pour faire un don, cliquez ici.


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