Où sont passées nos caissières ?

Mais où sont passés nos caissiers et nos caissières ? C’est la question qu’on aurait tendance à se poser de plus en plus depuis les confinements successifs liés au coronavirus.

Face à la menace sanitaire et les nécessaires mesures de distanciation sociale, certaines grandes surfaces ont accéléré la cadence dans la recherche et l’installation de nouvelles technologies permettant de régler ses achats aux caisses sans entrer en contact avec un agent de caisse. La plupart des technologies existent depuis plusieurs années déjà. C’est le cas des caisses autonomes, déjà bien implantées ou des scanettes qui pour leur part avaient jusque-là du mal à s’imposer réellement.

Des micropuces cachées dans les articles

Avec la Covid, ces modes de payement et d’enregistrement des achats se sont multipliés et ont même parfois supplanté les caisses classiques. C’est le cas chez Décathlon. Dans cette enseigne d’articles sportifs, on teste régulièrement de nouvelles technologies. La plupart des magasins sont dotés de caisses dites "autonomes". Des micropuces sont cachées dans chacun des articles et permettent d’inventorier l’ensemble de la marchandise. Le client doit simplement poser ses articles dans une boîte connectée et automatiquement le total de ses achats s’affiche et il n’a plus qu’à payer. Une fois la transaction opérée, la puce est désactivée et le client peut s’en aller avec ses achats sans avoir croisé le moindre agent de caisse.

Au Décathlon de Wavre où il n’existait jusqu’à il y a peu que quelques caisses autonomes, désormais ce sont 90% des caisses qui ont adopté cette technologie, laissant perplexes certains clients. L’un d'entre eux nous confie : "c’est pratique car cela permet de gagner du temps mais forcément cela va entraîner des pertes d’emploi". Une affirmation à laquelle Jérémy Pauliat, responsable des nouvelles technologies chez Décathlon, répond :"l’objectif n’est pas de réduire le nombre d’employés mais bien de réorienter certains métiers vers l’aide, le conseil et l’accompagnement des clients. D’ailleurs, vous le voyez dans nos rayons, les collaborateurs sont nombreux pour faciliter et améliorer l’expérience de nos clients".

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Chez Décathlon à Wavre, 90% des caisses sont devenues autonomes suite aux mesures sanitaires liées au Covid19. © RTBF

Scanner les produits avec son GSM

Certains magasins Spar ont adopté une technologie encore plus audacieuse : le "scan/pay/go". Dans cette enseigne, on peut enregistrer chacun de ses articles directement via son smartphone. Et les clients qui ont auparavant renseigné leurs coordonnées bancaires dans cette application, ne doivent même plus payer aux bornes situées à la sortie, ils doivent simplement scanner leur téléphone en quittant le magasin et le montant est automatiquement déduit de leur compte bancaire.

Pour Arthur De Greef, gérant du Spar de Wespelaar en région flamande, ce système est un bon complément aux caisses classiques et est très efficace pour les clients qui doivent réaliser rapidement certaines petites courses. Cela ne représente pour le moment que 6% des transactions totales mais il a remarqué une augmentation de son utilisation avec la crise du Coronavirus. A la question de savoir si les technologies pourraient aller encore plus loin en imaginant des boutiques où le consommateur pourrait faire ses achats sans scanner quoi que ce soit et sortir sans passer par les caisses, sa réponse est sans appel : "Ce serait le rêve idéal mais je pense que ce n’est pas pour tout de suite".

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Dans le magasin Spar à Wespelaer, cette borne automatique a remplacé un agent de caisse. © RTBF

En Chine, les magasins sans aucun employé, ça existe déjà.

Pour plus tard, pas vraiment ! En Chine, les magasins sans aucun employé, cela existe déjà. Des dizaines de caméras sont placées aux quatre coins de la boutique et reconnaissent le client une fois qu’il a scanné son GSM à l’entrée du magasin.

Ces caméras suivent le consommateur durant tous ses achats et enregistrent chacun de ses mouvements. Si celui-ci prend un article dans un rayon, des balances situées sur les étagères savent quel article il a pris et en quelle quantité. Et une fois franchies les portes du magasin, le montant total de ses achats est automatiquement déduit de son compte en banque. Une technologie extrême est très coûteuse mais qui permet de réduire à néant le nombre d’employé dans le magasin.

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La Chine va encore plus loin avec des magasins sans aucun employé. Des caméras repèrent les articles emportés. Il n’y a même plus besoin de scanner les articles. © RTBF

Le robot œnologue

Ainsi, de plus en plus, le consommateur est invité à réaliser une partie du travail auparavant effectué par des agents de caisse.

Chez Carrefour, où l’on propose également le scan des produits via son smartphone, on se défend également de vouloir diminuer l’emploi. Selon Siryn Stambouli, porte-parole de Carrefour Belgique, "grâce au smartscan, le personnel peut être plus au contact du client en rayon, être plus disponible et le renseigner au mieux".

Sauf que pour les conseils aux clients, là aussi, des robots font leur apparition. Au rayon vin du carrefour d’Evere, grâce à la technologie de reconnaissance vocale, un "robot sommelier" surnommé Benoît, guide le consommateur vers certaines bouteilles de vin, en fonction du repas qu’il compte préparer.

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Au carrefour, un robot a été installé pour conseiller les clients dans leurs choix de vins. © RTBF

Un gain de temps bien pratique selon certains, une triste déshumanisation du commerce pour d’autres… Quoi qu’il en soit, l’automatisation de la grande distribution est en marche, et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

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