"On a l'impression de ne plus avoir de perspectives d'avenir", les réactions de deux étudiants

"On n'apprend pas à vivre avec le virus, on arrêter de vivre !" Coup de gueule de deux jeunes étudiants
"On n'apprend pas à vivre avec le virus, on arrêter de vivre !" Coup de gueule de deux jeunes étudiants - © sestovic - Getty Images

Basile et Marine, 21 ans, en ont marre de subir les mesures restrictives imposées par la crise covid.

Ouvrir le débat à tous

Basile et Marine sont étudiants en droit et les mesures annoncées par les différents gouvernements en Belgique les dépriment.

On a l’impression que le débat n’est pas ouvert à tout le monde alors que la crise touche tout le monde.

" Toutes les décisions semblent prises par des épidémiologistes, des statisticiens, des ministres, des gouverneurs, des bourgmestres… Il est grand temps d’ouvrir le débat en élargissant le panel des experts avec des psychologues, sociologues, philosophes, enseignants, juristes et pourquoi pas avec des consultations publiques."

Agir et non subir

Basile ne veut pas juger les mesures prises et leur efficacité : " je ne suis pas épidémiologiste ou politicien mais ce qui me dérange c’est le processus d’élaboration de ces mesures. Ils décident toutes ces mesures de manière unilatérale sans consulter la population. Je ne suis qu’étudiant et je ne suis pas encore juriste diplômé mais je me demande si ces mesures et sanctions sont légales ? J’estime par contre que ces mesures prises sont disproportionnées entre les restrictions apportées à nos droits fondamentaux et les risques réellement encourus ! "

Marine a l’impression d’être un cobaye : " on n’a rien à dire, on doit subir des mesures dictées d’en haut et qui ne reposent sur aucune étude ! "

Penser sur le long terme

Il est temps que nos dirigeants aient un plan stable et construit.

Marine et Basile sont conscients que la situation actuelle est sérieuse mais ils ne comprennent pas les mesures imposées : " Cette deuxième vague que nous vivons, on nous en parle depuis 6 mois. Et on a l’impression qu’on est en train d’appliquer les mêmes mesures d’urgence qu’en mars et en avril alors que l’on s’y attendait. Ce sont les mêmes décisions, on reproduit le même scénario. On est toujours en train de subir or il serait temps d’agir et penser à long terme."

Apprendre à vivre avec le virus

Ces nouvelles mesures que l’on nous impose, ne nous apprennent pas à vivre avec le virus.

Beaucoup de personnes de leur entourage n’en peuvent plus : " Les décisions prises actuellement nous rendent fous ", avoue Marine. " Je suis en général une personne positive mais là, je suis devenue dépressive car toutes ces nouvelles mesures que l’on nous impose, ne nous apprennent pas à vivre avec le virus, elles nous demandent darrêter de vivre ! On ne peut plus voir personne, ni ami, ni famille, on ne peut plus pratiquer nos sports. Les cours sont à distance. On peut juste étudier ou regarder Netflix."

Et Marine n’est pas la seule : " Tout le monde en a marre et beaucoup ne vont bientôt plus respecter ce que l’on nous impose ! On n’en peut plus, on n’en veut plus. A force d’abuser de leurs pouvoirs, nos dirigeants font pire que mieux. Personne ne voudra plus obéir. Et je ne pense pas que l’on pourra sanctionner tous ces gens."

Perte de perspectives

On a l’impression de ne plus avoir de perspectives futures.

Basile et Marine ne peuvent se projeter dans le futur et cela les mine : " Tous nos projets sont sans cesse reportés ou carrément supprimés alors que nous les préparons depuis des lustres. C’est très décourageant. C’est dur de continuer à s’investir dans des projets à fond sachant qu’on n’est pas du tout certain de savoir s’ils vont avoir lieu. Et en plus, on nous culpabilise en disant que nous sommes les vecteurs du virus de par nos comportements. "

Vivre – ensemble : trouver un équilibre

Les valeurs de santé et solidarité sont importantes pour les deux étudiants mais en ce moment toutes les autres valeurs qui leur tiennent à cœur sont bafouées : comme la liberté, la culture, la famille, la vie sociale.

Ils aimeraient qu’il existe une équation du vivre ensemble : cette équation aurait deux variables. Il y a un “ensemble” qui nécessite une vie en communauté, qui nécessite des restrictions de nos libertés pour protéger les plus faibles. Dans cette crise ce serait la protection des personnes à risque. Et puis, il y a le "vivre" qui nécessite que l’on puisse continuer à bouger, à vivre, à aller au musée, au théâtre. Il ne faut absolument pas que l’une des variables prenne le dessus sur l’autre. Même si c’est normal qu’à certains moments le "ensemble" prenne plus d’importance pendant la crise que l’on vit et qu’une partie de nos libertés soient restreintes mais il ne faut pas non plus que l’ensemble "bouffe" complètement le vivre. C’est une question de proportionnalité.

Un équilibre que Basile et Marine cherchent au jour le jour et qu’ils espèrent vivre au plus vite sans être mis à mal par de nouvelles mesures imposées unilatéralement.

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