Nouvelle fermeture des salons de coiffure et d'esthétique : la mesure de trop ?

Dans les secteurs de la coiffure et de l’esthétique, les réactions à chaud après l’annonce de leur fermeture par le Comité de Concertation, sont, évidemment, très fortes.

Devoir fermer, une nouvelle fois, quelques semaines à peine après leur réouverture, cela ne pouvait susciter, on s’en doute, de bons sentiments.

Dégoût, stupidité et incompréhension

Marie-Stéphanie Cornet, patronne d’un salon d’esthétique à Jambes est encore sous le coup de l’émotion quand nous la rencontrons dans son salon, quelques minutes après l’annonce de sa fermeture : "De la colère… De la colère, du dégoût, du désarroi. Lors de notre précédente fermeture, on nous avait garanti que le jour où on rouvrirait, ce serait de manière définitive." souligne-t-elle.

Je ne comprends pas pourquoi nous allons encore être pénalisés alors qu’on a tout mis en place pour garantir la sécurité de tout le monde !

Après l’émotion, c’est toujours l’incompréhension. Pourquoi leurs secteurs sont-ils une nouvelle fois visés ? "Je ne comprends pas ! Je ne comprends pas pourquoi nous allons encore être pénalisés alors qu’on a tout mis en place pour garantir la sécurité de tout le monde alors qu’ils ne parviennent pas à faire respecter le nécessaire, le strict nécessaire dans les autres secteurs." témoigne-t-elle.

Cédric Pollet, un coiffeur namurois, ne comprends pas lui non plus cette mesure. "A côté de cela, ils nous laissent un couvre-feu jusqu’à minuit. On va pouvoir circuler. C’est de l’incompréhension. C’est même stupide."

Lieux sûrs mais fermés

Les salons de coiffure et d’esthétiques ne seraient en effet plus aujourd’hui des lieux à forte contamination.

Il n’y a pas de preuve scientifique nouvelle que ces métiers sont plus à risque !

Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de Santé Publique à L’ULB le confirme : "Il n’y a pas de preuve scientifique nouvelle que ces métiers sont plus à risque, en tout cas lorsque les protocoles sont bien appliqués, que les clients sont plus en danger que dans d’autres situations que sont les transports en commun, les commerces en général, voire même la cellule familiale. C’est simplement un choix statistique pour diminuer simplement la circulation du virus et donc, le déplacement des gens."

A bout de souffle

Ces lieux ne sont donc pas remis en cause, mais les refermer une énième fois, ne sera pas sans conséquences. "Les esthéticiennes sont à bout de souffle. Il n’y a plus d’argent. On n’a plus d’argent dans nos caisses et on doit continuer à garantir les salaires pour nos employées, leur garantir leur travail." témoigne Marie-Stéphanie Cornet, patronne d’un salon d’esthétique.

On n’a plus d’argent et on doit continuer à garantir les salaires pour nos employées !

"Le financier, c’est une chose, mais la plus grosse conséquence, ce sera le coût psychologique. Ça, ça va être le plus dur encore parce que, chaque fois qu’on ferme, ce sont des énergies négatives." constate Cédric Pochet, patron d’un salon de coiffure.

Coiffeurs et esthéticiennes fermeront, une nouvelle fois, fin de cette semaine, ils n’ont pas le choix. Le patron et la patronne rencontrés cet après-midi juste après l’annonce de cette nouvelle mesure, fermeront, comme beaucoup de leurs confrères et consœurs, avec beaucoup d’incertitudes, comme toujours et une confiance envers les autorités, cette fois, proche de zéro.

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