Notre journaliste a testé le métier d'hôtesse de l'air

C'est une profession qui fait rêver. Elle évoque les voyages, l'évasion et l'élégance. Notre journaliste Sofia Cotsoglou a endossé l'uniforme d'hôtesse de l'air pendant une journée. La réalité est un peu moins glamour que ce qu'on imagine...

Ce matin-là, mon réveil sonne à 3h30. Cheveux tirés en chignon, dans un tailleur bleu marine trois pièces aussi élégant que confortable, je rejoins mes collègues du jour. C'est Soraya Bessi, la cheffe de cabine, qui m’accueille au siège de TUI, situé juste à côté de Brussels Airport. Maman de deux enfants, elle exerce ce métier depuis quatorze ans avec toujours autant de passion et d'enthousiasme.

La sécurité avant tout

Il est un peu plus de 5 heures, nous montons dans l'avion. Avant d'embarquer les passagers, l'équipage vérifie que tout est bien en place. La cheffe de cabine réunit toutes les hôtesses pour le briefing. Elle passe en revue le nombre de passagers, de repas, de VIP, elle vérifie les documents d'identité des hôtesses et pose à chacune une question liée à la sécurité pour être certaine qu'en cas de problème, elles ont bien en tête les procédures de sécurité et d'évacuation.

Le métier ne se résume pas au service à bord !

6h10. L'avion décolle. C'est parti pour 2h20 de vol. Destination: Malaga. Pour les hôtesses, pas de temps à perdre. Elles s'affairent derrière leur petit chariot et entament le service des petits-déjeuners. "Les gens pensent qu'on est là uniquement pour servir le café en souriant mais c'est très réducteur", précise la cheffe de cabine.

Une grande partie du travail consiste à rassurer les passagers stressés. "Quand l'avion décolle très tôt le matin, beaucoup n'ont pas assez dormi, n'ont pas déjeuné, et du coup sont irritables, font des chutes de tension ou des malaises." L'hôtesse joue donc le rôle d'infirmière. Mais elle est aussi médiatrice et interprète: "Il y a énormément de conflits entre passagers", explique Soraya. "On nous appelle parce que le passager de devant a trop penché son siège en arrière, parce que certains ne parviennent pas à communiquer à cause d'une différence de langue, et parfois, ils en viennent aux mains!".

L'hôtesse est aussi "Madame pipi"

Nettement moins glamour, les hôtesses de l'air doivent veiller à la propreté des toilettes. En matière d'hygiène, elles en voient vraiment de toutes les couleurs entre le passager stressé qui laisse son sachet plein de vomit sur le siège, et celui qui n'a pas pu se retenir et qui a uriné n'importe où. On est donc bien loin du cliché de l'hôtesse de l'air, potiche, qui parade dans son bel uniforme!

En jetlag permanent !

Même s'il n'est pas impossible de combiner cette passion avec une vie de famille, l'équilibre reste difficile à trouver. A peine 15% des hôtesses de l'air sont aussi mamans. Le plus compliqué, et sur ce point toutes sont d'accord, c'est de tenir le coup physiquement. Le manque de rythme de travail et les décalages horaires ont des conséquences désastreuses sur leur sommeil. Toutes prennent quatre à cinq kilos pendant leur première année de vol. "Avec les décalages horaires, on ne sait plus si c'est le matin, le midi ou le soir. Alors, on mange n'importe quand et un peu n'importe quoi car, en plein vol, on n'a pas le temps de se poser pour un repas tranquille", raconte Océane Vanhoolant, hôtesse depuis deux ans. "On doit aussi boire beaucoup d'eau car en cabine, l'air pressurisé est très sec. Si on n'avale pas au moins un litre par vol, notre peau se dessèche très vite", ajoute encore Océane.

On n'a même pas posé le pied sur le tarmac !

Peu avant 9 heures, l'avion atterrit à Malaga. Les passagers ont à peine quitté l'avion que les hôtesses se dépêchent pour nettoyer l'appareil, remettre les ceintures de sécurité en place et embarquer les passagers du vol retour. Ce n'est pas toujours aussi expéditif me rassure Soraya : "Pour les vols long-courriers comme la République dominicaine ou le Mexique, on dort plusieurs nuits sur place. Là, on a vraiment le temps d'en profiter!" Elle me montre des photos d'elle en bikini sur des plages de sable fin devant une mer turquoise: "Ça, c'était il y a un mois au Cap-Vert, le paradis...".

Un salaire confortable

Côté salaire, les premières fiches de paie chez TUI avoisinent les 2 000 euros. Un montant "confortable" pour un métier dont le seul diplôme requis est le secondaire supérieur. Toutes les hôtesses de l'air ne peuvent pas en dire autant. Le personnel de Ryanair travaille dans des conditions beaucoup plus pénibles avec des contrats très précaires.

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