Même le tatouage devient vegan

On peut manger vegan, s’habiller vegan, se chausser vegan, se maquiller vegan et désormais aussi se faire tatouer vegan! Les salons de tatouage vegan fleurissent à Paris, Berlin et New-York. Le premier du genre a ouvert ses portes en février 2018 à Bruxelles. Mais à l’heure où la plupart des encres sont vegan, ces salons ont-ils une réelle utilité ou surfent-ils sur une tendance qui prend chaque année plus d'ampleur? 

Ils ne mangent ni viande, ni poisson, ni œufs, ni lait, ni miel. Ils ne portent pas de pull en laine, ne se chaussent pas avec des bottes en cuir. Ils ne vont pas au cirque, ne mettent pas leur marmot sur le dos d’un poney. Leur maquillage est estampillé animal cruelty free. Plus qu’un régime alimentaire, le véganisme est un mode de vie qui refuse toute exploitation animale.

C’est quoi un tatouage vegan?

"Nos encres ne contiennent pas de gélatine ou de glycérine animale, nos papiers de transfert qui permettent de décalquer le tatouage sur la peau sont sans cire de laine, et nos produits de soin sont dépourvus de cire d’abeille", précise Charlotte Ballestero, propriétaire du salon de tatouage Because à Ixelles.

Ici, pas de têtes de mort, ni de Christ sur les murs, l’ambiance se veut cosy et girly. Mais Charlotte ne s’en cache pas, si son salon se revendique vegan, il lui arrive de faire des écarts. "Je tends à l’être et je pars du principe que pratiquer l’acte du tatouage 100% vegan, c’est déjà un pas", confesse-t-elle. Les deux tatoueurs qui travaillent pour elle ne sont pas non plus acquis à la cause.

C'est dommage d'utiliser une cause noble à des fins commerciales

La médiatisation dont a bénéficié le salon de tatouage Because a fait bondir Corline Calavera, patronne et tatoueuse chez Cry Baby à Mons. "Ici, on tatoue, on mange, on dort et on vit vegan." "Même les produits pour WC sont vegan", lance agacée cette militante qui passe son temps libre à faire du bénévolat dans des refuges pour animaux. "Le tatouage et le véganisme sont devenus tendance. Et ces salons qui se revendiquent vegan, ils surfent sur les deux vagues. C’est dommage d’utiliser une cause noble à des fins commerciales."

Avec le nom Boucherie Moderne, cet autre salon de tatouage, véritable institution à Bruxelles ne cible clairement pas la clientèle vegan. Pourtant, Benji utilise la même marque d’encre, le même papier de calque, le même gel et le même savon que les salons vegan. "Nous, on utilise de la vaseline mais, si le client nous le demande, on peut en discuter et trouver des solutions" explique Benji. Il est donc tout à fait possible de se faire tatouer de manière vegan ailleurs que dans un salon qui se revendique comme tel.

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