Maquillage permanent : évitez d'agir sur un coup de tête

Parallèlement au boom du tatouage, de plus en plus de salons d’esthétique proposent le maquillage permanent. La pratique consiste à introduire des pigments sous la peau à l’aide d’un appareil électrique et d’aiguilles très fines. Le maquillage n’est pas un tatouage, ce dernier est supposé définitif. Au contraire, le maquillage s’estompera au bout de quelques années, entre trois et cinq ans. Si les sourcils sont très demandés, les spécialistes maquillent aussi les yeux, la bouche, le contour des lèvres. Mais à côté du visage, le maquillage peut aussi estomper des cicatrices sur le corps, ou parfaire une reconstruction après un cancer du sein par exemple. 

Une pratique à ne pas prendre à la légère

Même si dans la majorité des cas, les clients sont satisfaits, la pratique n’est pas à prendre à la légère. L’expérience n’est pas sans risque et peut virer à la catastrophe. Des problèmes peuvent survenir à court ou plus long terme. Par exemple des infections dues à l'utilisation de matériel non stérile. Mais parfois, le maquillage est simplement raté : erreur de tracé, couleur qui fuit ou qui évolue mal avec le temps, mauvais coloris, pigments implantés trop profondément, ou allergies. Les métaux lourds sont interdits mais d'autres composants peuvent entraîner des réactions allergiques. Des contre-indications existent : maladies de peau, terrain allergique, femmes enceintes,… Mais le problème le plus fréquent est le regret. La mode change, les goûts évoluent. La décision doit être murement réfléchie.

Lors de notre tournage, nous avons rencontré Christelle, une jeune femme qui a décidé de franchir le pas après trois ans de réflexion, suite à de lourds traitements médicaux. Forme, couleur, contre-indications, technique, prix, autant d’éléments discutés lors de rendez-vous préalables. Un entretien minimum est nécessaire. Parfois, des rencontres supplémentaires sont nécessaires pour rassurer la cliente. Dans l’ institut de soins esthétiques qui réalisera son maquillage, pas question d’agir sur un coup de tête. Mais d’autres sont moins regardants…  Et la formation pose question. Les futurs esthéticien/nes approchent le maquillage permanent durant quelques heures seulement. Une fois leur diplôme d'esthétique et une formation aux règles d'hygiène en poche, certains se lanceront sur le marché. Pourtant, selon la Présidente de l’Union des esthéticiennes de Belgique (Uneb), Laurence Wuylens, la formation de base n’est pas suffisante et des formations complémentaires sont indispensables. Mais ces formations privées ne sont pas contrôlées, et le meilleur côtoie le pire.

Comment s’y retrouver? A qui faire confiance?

Pour exercer, les esthéticiens/nes doivent s’enregistrer sur le site du SPF Santé. Outre leur diplôme d’esthétique, ils/elles doivent avoir suivi une formation aux règles d’hygiène. Faites confiance au bouche à oreille, n’ayez pas peur de poser des questions sur l'expérience, la formation, ou encore sur l’origine des produits utilisés : des personnes peu scrupuleuses peuvent acheter sur internet des produits à bas prix, sans garantie sur la sécurité des composants, sans aucune traçabilité.

Enfin, demandez à voir des résultats, des photos de réalisations avant/après. Le détatouage demande du temps et de l'argent, et n'est pas toujours possible... alors mieux vaut réfléchir !

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