Magasins Switch : pratiques commerciales trompeuses voir abusives ?

Les magasin Switch sont accusés de pratiques commerciales trompeuses. Un certain nombre de clients ont, en effet, constaté des prélèvements bancaires sur leur compte pour des services non sollicités.

Un cash-back jamais reçu

Dans le magasin Switch au Woluwé Shopping Center, Jean-Marc a acheté pour sa société un nouvel ordinateur de la marque Apple. Après avoir finalisé son achat, un vendeur lui propose une assurance complète pour 19 euros par mois, avec un remboursement cash d’une somme de 30 euros lors de l’inscription sur son compte personnel et privé. Jean-Marc demande alors un document comptable pour les paiements, le vendeur s’engage à lui fournir.

Quelques jours plus tard, Jean-Marc estime qu’il est arnaqué " Je n’ai reçu aucun document comptable, je n’ai reçu aucun remboursement et surtout, des sommes ont été prélevées par domiciliation sur mon compte privé pour un total de plus de 250 euros à ce jour ! J’ai tout de suite tenté de contacter le vendeur mais en vain et j’ai contacté l’Inspection Economique via le point de contact pour signaler la pratique abusive. "

Il a demandé à sa banque de stopper ces domiciliations bancaires et depuis, il reçoit des e-mails de la Société Sfam pour défauts de paiement….

Un service de vente trompeur

Romain s'est rendu au magasin Switch des grand-prés à Mons. Une vendeuse lui a apporté une carte noire avec des écritures dorées et le sigle Cyrana dessus. Elle lui a expliqué que c’était une carte pour bénéficier de promotions dans les magasins participants. "Elle me propose d’essayer le service gratuitement pendant un mois et de le résilier avant que l’essai se termine pour ne pas payer. Je suis sorti du magasin sans rien accepter. J’ai trouvé cette façon de faire étrange."

Romain est allé vérifier si les magasins mentionnés par la vendeuse étaient aussi sur leurs sites mais aucun d'entre eux ne s'y retrouvait !

Des contrats difficilement résiliables

François est un très bon client des magasins Switch. Il reçoit un coup de téléphone de leur part pour lui proposer un cadeau pour sa fidélité : un chargeur de batterie. Il se rend alors à Erpent dans un magasin. Une fois sur place, un vendeur lui propose une carte de fidélité Cyrana. D'après l'employé, cette carte lui permettra d’avoir 30% de réduction en cash-back sur tous les prochains articles achetés chez eux mais aussi dans des magasins comme la Fnac, Krefel et Vandenborre. Pour pouvoir bénéficier de cette carte, il doit payer 14 euros par mois. Il a cependant droit à un essai gratuit pendant 1 mois : " Je signe en me disant, la bonne affaire, je vais acheter un sèche-linge et je casserai le contrat ensuite. Il me demande de donner mon numéro de compte en banque pour faire un prélèvement SAPE, ce que je trouve étrange."

François décide finalement de casser le contrat. Le vendeur lui dit que dans 24 heures, il recevra un e-mail pour mettre un terme au contrat. " Je ne l’ai jamais reçu. J’essaie d’envoyer un recommandé mais l'adresse que l'on ma donnée est inexistante. Alors je tente de les joindre mais rien y fait. Quand j'ai enfin sur une personne au bout du file, elle me dit qu'il y a sans doute eu une erreur et qu'il me renvoie l'e-mail. 24 heures plus tard, toujours rien !"

François n'est pas le seul à être face à ce problème. Plusieurs clients ont accepté la carte sans jamais avoir pu résilier le contrat par la suite !

Le groupe SFAM déjà poursuivi pour ses pratiques

Ces sociétés : Switch, Cyrana, Hubside et Celside appartiennent au groupe français SFAM, " SFK GROUP ", société de fonds de placements.

Créé en 1999, SFAM est une assurance mobile et multimédia qui propose des assurances tous risques qui couvrent smartphones, tablettes et objets connectés contre la casse, l’oxydation, le vol et la perte, même en cas de négligence.

Cette société française était dans le collimateur la Direction générale française de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. En juin dernier, la sanction est tombée dans une note d’information : le spécialiste de l’assurance devra verser " une importante amende transactionnelle, proportionnée à la gravité des pratiques ". L’assureur SFAM a écopé d’une amende de 10 millions d’euros. La société était poursuivie par les services de la répression des fraudes à la suite d’un bon millier de plaintes.

Chez nous ?

Nous avons contacté la FSMA, l’Autorité des services et marchés financiers belges afin de savoir si une enquête était ouverte : " Nous pouvons vous confirmer qu’il s’agit d’un dossier bien connu de nos services. Aucune des entités évoquées ne dispose d’un statut auprès de la FSMA. La société SFAM dispose d’un statut d’intermédiaire d’assurance en France. Elle est active en Belgique en " libre prestation de services " (passeport européen). Les règles de conduite qui doivent être respectées en matière de distribution d’assurances découlent de textes européens (directive IDD), et dans le cas d’espèce, c’est l’autorité de contrôle du pays d’origine – donc la France – qui est en charge du contrôle du respect de la plupart de ces règles. Les modalités de coopération entre la société SFAM et les différents points de vente en Belgique font l’objet d’un examen sous l’angle des obligations éventuelles d’inscription à titre accessoire en Belgique. Cet examen est mené en concertation avec d’autres autorités de contrôle. Cependant, la FSMA est tenue à un secret professionnel ; elle ne peut dès lors fournir des informations plus précises sur des dossiers en cours."

Il est à noter que la société SFAM a fait l’objet, de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes en France, d’une amende transactionnelle pour ‘pratiques commerciales trompeuses.

Nous avons aussi contacté, le ministère belge de l’économie. Chantal Depauw, sa porte-parole nous a confirmé : "En ce qui concerne les magasins Switch, à ce stade nous pouvons seulement vous confirmer que l’Inspection économique a reçu un certain nombre de signalements et a ouvert une enquête en conséquence. Bien entendu, nous ne pouvons fournir aucune information supplémentaire au stade actuel de l’enquête."

Affaire à suivre...

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