Librairies, pharmacies, fleuristes ou opticiens : de plus en plus d'enseignes deviennent des points relais

Installée sur la place du village… La librairie de Bois-de-Villers est devenue un lieu incontournable pour les accros du shopping en ligne… Chaque jour, des dizaines de personnes retirent ou déposent un voire plusieurs colis… 

Chaque matin, le livreur dépose des sacs remplis de colis... Avec le développement du commerce en ligne et l’arrivée de sites de seconde main au succès fulgurant, leur nombre a explosé... Le livreur doit suivre la cadence… Tout comme Madison Tonet, libraire : " C'est la folie, c'est grâce à cela qu'on a augmenté le chiffre des colis. On avait commencé par 500 - 600 par mois, maintenant on est quasi à 1 500 - 1 600 par mois ". 

Autant de colis qu’il faut scanner, trier, ranger sans délaisser les clients habituels... Dans ces paquets, beaucoup de vêtements, de produits pharmaceutiques, et des produits plus étonnants encore. " On a vraiment de tout, on a déjà eu des pneus, des jantes, des croquettes pour chien, des vêtements, des livres... Et on a parfois des objets encombrants ". Et en cas de problème, les commerçants sont parfois confondus avec le service clients… " De temps en temps, il y a quelques mécontentements, les colis ont du retard, ou ils ne sont pas encore là alors que les gens ont reçu leur message. A ce moment-là, ils se focalisent un peu sur nous alors que ce n'est pas de notre faute... " explique à nouveau Madison.

Des commerçants qui espèrent des retombées indirectes

Un travail prenant, rémunéré environ 30 centimes par colis. Les commerçants misent plutôt sur les retombées indirectes… Eric Hologne, libraire : " Ça fait une affluence de peut-être 1 500 clients, de passage par mois. Ça nous fait une petite rentrée financière et principalement, ça nous fait vraiment venir des clients. En général, un client sur trois fait des achats. Et comme on a des horaires très larges, les gens peuvent venir après leurs horaires de travail. Cela nous amène des clients de plus loin, des personnes qui ne viendraient pas chez nous ". 

 Quelques grands opérateurs se partagent le marché et les milliers de colis. La poste, mais aussi UPS ou Mondial Relay qui compte près de 900 points en Belgique et au Luxembourg. L’objectif est d'atteindre les 1 000 points relais d'ici la fin de l'année. Depuis son arrivée sur le marché belge il y a 12 ans, l’entreprise a multiplié son volume d’activité par quatre. De plus en plus d' indépendants se lancent également sur ce marché. On connait les librairies, les night shops, mais vous pouvez aussi retirer vos colis dans certaines boulangeries, chez le fleuriste… et même chez l'opticien.

Thomas Lanvin, opticien, est devenu point relais peu après avoir repris le magasin. Une dizaine de colis en moyenne y transitent chaque jour.  Une quantité raisonnable de colis qui reste gérable : " Si on additionne toutes les minutes, cela prend peut-être une demi heure, en moyenne. Aux alentours des fêtes comme la Saint Nicolas par exemple, là cela peut vite prendre une heure sur la journée ". Mais le nombre de colis pourrait doubler voire tripler dans quelques semaines et jusqu'aux soldes d'hiver. Pour Thomas Lanvin, " Le but premier est d'effectivement créer du passage dans le magasin, rentrer dans la vie des gens et qu'ils pensent à moi le jour où ils ont besoin d'une aide visuelle ou d'un accessoire, de lentilles... ".

Si certains commerçants abandonnent devant l'ampleur du travail que cela représente, Thomas Lanvin, lui, nous l'assure avec le sourire, "Le service marketing est satisfait !" Pour l'opticien, l'objectif semble atteint.