Leur car pour Disneyland ne viendra jamais

C’est l’histoire de plusieurs dizaines de Belges qui voulaient se payer des vacances en car vers des destinations qu’ils rêvent de voir : Londres, Amsterdam, Paris et même Disneyland. Mais un point commun les relie tous : la veille de leur départ, ils reçoivent un message d’annulation. Entre incompréhension et agacement, ils se sont regroupés dans une conversation privée sur Facebook et réclament aujourd’hui leur argent mais l’organisateur : "Voyage Zélir" se fait absent.

Parmi les excuses invoquées au moment de l’annulation : un car est tombé en panne, Disney n’a pas envoyé les places, ou encore des menaces que l’organisateur aurait reçues.

La faute au car ou à Disney ?

Nous commençons nos recherches chez les autocaristes et nous posons la question du car en panne à deux entreprises avec lesquelles "Voyage Zélir" aurait collaboré : "Mouving Cars" à Philippeville et "Voyages Desmet" à Jumet.

Les deux gérants nous donnerons la même version des faits : au début tout se passait bien et un jour, tout a périclité sans raison apparente. Mais en aucun cas un car en panne n’est une excuse pour annuler un voyage. Chez "Voyages Desmet" on nous signale que lorsqu’un car est en panne, il y a plusieurs cas de figure : on le dépanne, on démarre avec un autre car et si vraiment on n’en a pas, on trouve un sous-traitant pour que le voyage se passe. Bref, ça n’arrive jamais.

Du côté de Disney, la porte-parole de Disney Belgique nous signale que "Voyage Zélir" n’a jamais signé de contrat avec eux et qu’en tant que professionnel, en théorie, il n’est pas habilité à vendre des voyages à destination de Disney. Et quand bien même il trouverait un intermédiaire, il n’est pas autorisé à faire des publicités (même sur Facebook) avec les images de Disneyland.

Voyage Zélir, le coupable ?

Dans nos recherches, nous finissons par trouver la personne derrière "Voyage Zélir". Il s’appelle Michael Vincent, a 25 ans, et s’est lancé dans les voyages en personne physique en mai 2019. En Wallonie, rien n’interdit à qui que ce soit de se lancer dans l’organisation de voyages. Ni formation, ni licence. Mais sans expérience dans le domaine, c’est la porte ouverte aux plus grands risques.

M. Vincent nous avouera ne pas avoir pris d’assurance pour ses voyages par exemple. Aujourd’hui, il affirme être dans de grandes difficultés financières, mais il refuse d’expliquer d’où elles viennent.

Il maintient la version du car en panne, mais reconnaît avoir commandé ses places pour Disney trop tard. Ensuite, il nous affirme que si le car ne démarre pas avec au moins 50 personnes à bord, il y met de sa poche et ne bénéficie pas de ses tarifs avantageux. Dans ces cas-là, il annule. C’est ce qui se produit à l’heure actuelle : plusieurs voyageurs qui avaient prévu de partir avec lui annulent leurs voyages et ses cars ne se remplissent plus.

Aujourd’hui, M. Vincent reçoit des insultes et des menaces de mort qui le visent ainsi sa famille et ses proches, qui ne sont pourtant en aucun cas concernés par son activité au-delà du simple "coup de main". Il promet néanmoins de rembourser toutes les personnes qui devaient partir avec lui pour la fin du mois de février au plus tard. Il pense y arriver en régularisant sa situation (ses comptes seraient, selon ses dires, bloqués pour le moment) et en souscrivant à un prêt.

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