Les "violences" homophobes, toujours (TROP) présentes

Au fil des années, on se rend compte que les mentalités évoluent, mais pas encore assez ! En 2020, Unia, l’ancien centre pour l’égalité des chances, a encore reçu 406 signalements de discriminations sur base de l’orientation sexuelle.

 

La journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, c'est le 17 mai. A cette occasion, on fait le point dans des commerces bruxellois.

Christophe et son projet d'un magasin engagé

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Christophe, impatient d’ouvrir sa boutique "Fetish & engagés" © fws

A quelques mètres de la grand-place de Bruxelles, non loin du bureau de police, Christophe Stephany ouvrira le premier juillet son magasin "Fétish & engagés" dont le nom est encore secret.

Ce sera une boutique communautaire, donc plutôt LGBTQI + avec un axe fétichiste.

Ce "papours" gay, engagé dans la lutte contre les discriminations, y proposera des vêtements et des objets fétichistes : "Ce sera une boutique communautaire, donc plutôt LGBTQI + avec un axe fétichiste. Il y aura des vêtements et accessoires en cuir, latex, lycra pour les hommes, les femmes ou aussi des personnes transgenres. Engagés, parce que c’est aussi de la politique de parler avec les gens pour les aider à s’assumer et lutter contre toute discrimination. "

Engagés à cause de leur vécu

Des violences homophobes, Christophe et son mari en ont vécues il y a trois ans :

Avec mon compagnon nous allions chercher nos alliances pour notre mariage et on a été agressé par une bande de jeunes de 16 ans à peine. Des mots dégradants ont fusé comme pédé, tafioles, …

Christophe raconte que ces jeunes les ont suivis en les insultant. Ils voulaient en venir aux mains. Mais ils n’ont rien fait, car c'étaient des mineurs. Il finit de raconter: "On a mis des jours à s’en remettre. "  

Un quartier bruxellois où Christian se sent en sécurité

Je pense qu’à l’extérieur, ça peut être plus compliqué pour les personnes qui ont une différence plus visible.

Dans le quartier de la rue du Marché au Charbon, Christophe se sent en sécurité : "Je pense qu’à l’extérieur, ça peut être plus compliqué pour les personnes qui ont une différence plus visible : plus efféminés, les personnes racisées, ou transgenres. Ce sont des cibles faciles.

" Je pouvais installer mon magasin ailleurs mais je n’aurais pas eu la même clientèle et moi-même, je n’aurais pas été aussi épanoui."

Des cases, il y en a plein, mais ce n’est pas à nous de les donner pour les autres.

Christophe et son mari ont deux enfants de 11 et 13 ans. Ils veulent leur apprendre que les différences sont les richesses de l’être humain. "Des cases, il y en a plein, mais ce n’est pas à nous de les donner pour les autres. On choisit nos propres cases, voire on choisit de ne pas en avoir du tout. C’est cela la richesse de notre communauté !"

Tarek tient un bar gay dans un quartier positif

Un peu plus loin, au 44, rue du Marché au Charbon, Tarek Rizkhallah a repris le bar, le Baroque, situé juste à côté de la maison du réseau LGBTQI + bruxellois.

J’ai tout de suite senti une certaine positivité dans cet endroit.

C’était il y a 11 ans : "J’arrivais du Liban et je suis tombé sous le charme de ce quartier, parce que c’est un semi-piétonnier, et puis avec tous les bars gays, il y avait une chouette ambiance. J’ai tout de suite senti une certaine positivité dans cet endroit. J’aurai pu aller ailleurs aussi, mais d’un point de vue commercial, c’était intéressant. On attire beaucoup plus de clients en étant non loin d’autres bars gays".

 

Une clientèle surtout masculine, homosexuelle, mais aussi hétérosexuelle

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Tarek séduit par ce quartier travaille dans ce bar depuis 11 ans © fws

Sa clientèle est surtout masculine, homosexuelle, mais aussi hétérosexuelle. 

Au fil des années, il constate une ouverture d’esprit, mais les stéréotypes sont toujours là.

C’est vrai que quand je sors dans d’autres quartiers, il m’arrive d’avoir des insultes.

Il explique: "Je vis dans mon milieu, mais c’est vrai que, quand je sors dans d’autres quartiers, il m’arrive d’avoir des insultesJ’aimerais que les gens comprennent qu’entre l’image et la réalité, entre la sexualité et les orientations sexuelles, et l’image que l’on projette, il y a une différence. Si on est féminin, on n’est pas forcément homosexuel."

Tarek aimerait faire évoluer les mentalités :

Pour lutter contre l’ignorance et la violence, je pense que l’on doit parler de l’homosexualité dès le plus jeune âge dans les écoles.

"Cela va mettre encore du temps, des générations mais je vois la différence ici en Europe par rapport à mon pays, le Liban." Là-bas, Tarek ne parle pas de son orientation sexuelle : "Tout le monde le sait, mais c’est un sujet tabou, on n’en parle pas…."

Faire évoluer les mentalités

Pour lutter contre l’ignorance et la violence, je pense que l’on doit parler de l’homosexualité dès le plus jeune âge dans les écoles.

Il conclut: "Cela va mettre encore du temps, des générations, mais je vois la différence ici en Europe par rapport à mon pays, le Liban."

Là-bas, Tarek ne parle pas de son orientation sexuelle : "Tout le monde le sait, mais c’est un sujet tabou, on n’en parle pas…."


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