Les usagers du train mécontents suite à la fermeture de la gare d'Andenne

L'homme-employé a de moins en moins sa place dans le fonctionnement d'une gare, en témoigne l'automatisation des services : guichets automatiques, annonces automatiques, distributeurs de nourritures et de boissons automatiques ... Une question de coûts. Pour les réduire davantage, c'est maintenant l'homme-usager qui est invité à quitter les lieux. A Andenne, la gare ferme chaque jour à 13h15. Elle ne ré-ouvre que le lendemain à 6h00, pour le plus grand désarroi des usagers.

Leur premier reproche : le manque d'information, comme nous l'explique cette usagère du train qui doit se rendre à Liège où elle travaille : "Si on veut avoir des informations sur notre train, il faut regarder la petite TV qu'il y a là, à l'intérieur de la gare. Il faut regarder à travers les vitres, puisqu'on ne sait plus rentrer !". Une fois la gare fermée, ce sont les toilettes également qui deviennent inaccessibles. Plus de guichet ouvert non plus bien sûr. Les clients doivent utiliser un distributeur de billet automatique, pas toujours évident à comprendre pour tout le monde. Une jeune usagère, rompue aux nouvelles technologies témoigne : "Il y a déjà beaucoup de personnes qui m'ont demandé de les aider et quand il y a de la file, elles peuvent rater leur train."

Insécurité et conditions climatiques difficiles

La gare qui ferme cause d'autres soucis. L'un d'eux préoccupe particulièrement cette autre dame que nous rencontrons et qui travaille en maison de repos. "Quand je termine mon service à 9h00 du soir et que je viens ici après 9h00 du soir, c'est quand-même dangereux. Je ne suis pas tranquille." A côté de la montée de ce sentiment d'insécurité, il y a la plainte la plus couramment entendue. Les clients doivent faire face à des conditions climatiques parfois très rudes. Un homme, habitué des lieux, témoigne : "Je l'ai vu à des moins quinze des personnes qui étaient sur les bancs, je ne vais pas dire congelées, mais presque." Exemple interpellant durant notre reportage : une maman et son bébé de trois mois patientent plusieurs minutes dans le froid et le vent. "Heureusement que j'ai pris une couverture parce que ça n'allait pas aller. Il y a trop de vent, vraiment trop de vent. Il a les larmes aux yeux." explique cette maman en recouvrant le visage de son nourrisson.

Une pétition

Face à ces complications, des citoyens ont lancé une pétition. Elle est à signer dans plusieurs commerces de la ville. "Nous avons ici une gare qui vient d'être rénovée il n'y a pas très longtemps. On enlève le personnel de l'après-midi, ce qui, en soi, est déjà incompréhensible, mais en plus qu'on chauffe cette gare et qu'on la laisse fermée alors que les usagers doivent attendre dehors, au froid, c'est juste inacceptable." explique José Ricardo Alvarez, l'un des initiateurs de la pétition pour la réouverture de la gare. 1 500 voyageurs passent chaque jour par cette gare. Parmi eux, se trouvent des personnes fragiles, pour qui un abri chauffé n'est pas qu'une question de confort.

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