Les oubliés du déconfinement se préparent secrètement à l'action

Les oubliés du déconfinement se préparent secrètement à l'action
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Les oubliés du déconfinement se préparent secrètement à l'action - © MaximFesenko - Getty Images/iStockphoto

Discothèques, entreprises de l’événementiel, asbl sportives, forains… nous sommes les oubliés du déconfinement, voués à l’immobilisme pour une durée encore indéterminée. Nous sommes indépendants et dans la merde !

Dans les jours à venir, une partie d'entre eux a le projet de braver l’interdiction de se rassembler, bien décidés à faire entendre leur voix ! " Sur un terrain entre la Province de Liège et Namur (lieu secret), premier rassemblement des secteurs oubliés. Nous sommes indépendants et dans la merde. […] " conclut le communiqué envoyé aux médias pour les prévenir de cette action non-autorisée.

Nous avons contacté l’auteur de ce communiqué, Marc Ronveaux. Il est patron d’une discothèque et d’un bar. " Au lieu d’avoir des nouvelles directives, on aimerait bien déposer des revendications pour sensibiliser les ministres. " nous explique Marc Ronveaux pour justifier l’action qui se prépare. Il nous explique brièvement ces revendications.

Date de réouverture incertaine

Nous sommes les derniers à rouvrir : événementiel, bars, boîtes de nuit, etc... et on nous a avancé aucune date !

" C’est le 31 août pour les discothèques, mais ce n’est pas sûr, il ne faut pas qu’il y ait une deuxième vague qui change leur décision donc, c’est peut-être juste une date pour calmer. C’est très flou. " s’indigne Marc Ronveaux.

La plupart des patrons de discothèques et de bars ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent rouvrir plus tôt que la date annoncée et non-garantie du 31 août.

Michel Sluismans tient le Nostalgia à Bruxelles. Pour lui, des mesures identiques aux restaurants pourraient être appliquées dans les discothèques et pourraient de la sorte leur permettre d’ouvrir : " On pourrait retirer une table sur deux, ça ferait plus d’un mètre cinquante de distance entre les tables et les groupes de clients. On pourrait aussi demander aux gens qu’ils dansent avec des masques. Je ne comprends pas très bien pourquoi on ne peut pas rouvrir. En Espagne, ils ouvrent les discothèques dans tout le pays. Ibiza ouvre dans dix jours et Ibiza, ce sont des discothèques de quatre, cinq, six mille personnes. Ils pourront rouvrir en Espagne, alors que c’est un pays qui a été fort touché par le coronavirus et en Belgique, on ne peut pas. Pourquoi ? "

Des aides plus importantes

Les boîtes de nuit, sans aucune rentrée d’argent depuis trois mois et pour encore trois mois à venir, craignent d’énormes difficultés financières.

Les trésoreries se réduisent avec les charges fixes (Loyer, remboursement d’emprunt) qui sont pour la plupart toujours à payer.

Leurs revendications sont donc essentiellement économiques. " On fait partie de l’horeca, on aimerait bien avoir quand on redémarre la TVA sur les alcools à 6% au lieu de 21. On aimerait bien avoir plus que 5000 euros d’aide parce que des personnes ont eu 5000 euros pour être fermé un mois ou deux. Nous, nous sommes fermés 6 mois… Nous aimerions aussi sensibiliser la Sabam et la rémunération équitable. Nous aimerions aussi faire annuler la taxe sur les sociétés, une taxe d’environ 300 euros… " propose Marc Ronveaux parmi bien d’autres mesures d’aides en voie de rédaction par le collectif.

Des mesures sanitaires de réouverture imprécises

Le troisième axe de leurs revendications, ce sont les conditions de réouverture : " Pour rouvrir nos établissements, et pour l’événementiel aussi, à partir du premier août, donc, on peut être 200, mais on ne sait pas si on peut avoir un disc-jockey. On ne sait pas s’ils auront accès au bar ou pas… Donc, c’est vraiment trop flou. on demande à avoir beaucoup plus de renseignements et d’avoir tous les quatorze jours, un compte rendu de leur réunion. " espère Marc Ronveaux.

A Bruxelles, même constat, même combat

A Bruxelles, une nouvelle fédération des acteurs du monde de la nuit vient de voir le jour pour porter haut leurs revendications, très proches de celle du collectif informel wallon.

Lorenzo Serra, le porte-parole de la jeune "Brussels by Night Federation", nous a fait part de ses regrets.

Le politique et le public ont souvent considéré le monde de la nuit comme des nuisances, et pas du tout comme une opportunité touristique, économique et culturelle.

Avec cette nouvelle entité, le secteur des discothèques, de l’événementiel, de la vie nocturne bruxelloise en général, espère pouvoir atteindre plusieurs objectifs : " On espère, la première chose, c’est de faire partie des discussions toutes les deux semaines pour ré-imaginer l’ouverture du secteur. Pas être repousser à fin août, comme ça, sans vraiment savoir pourquoi. Et la deuxième effectivement, dans cette table ronde, c’est de réfléchir aux mesures pour venir au chevet du secteur. "

Rassemblement pour un coup médiatique en Wallonie, la création d'une fédération à Bruxelles, ceux qui s'estiment oubliés comptent bien ne pas le rester et semblent déterminés aussi à se faire entendre dans les semaines à venir.

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