Les maisons de repos se vident mais … ne se remplissent pas !

Le constat n’est pas encore alarmant mais il risque de le devenir.

Au 1er septembre, on déplorait dans le secteur public une baisse des lits occupés de 4% en Wallonie et 9% à Bruxelles. C’est préoccupant. Mais ce qui l’est plus c’est que certaines maisons enregistrent une baisse de 30% … la limite de la viabilité ! Surtout dans le secteur privé. 

La surmortalité due au covid, mais aussi à la canicule du mois d’aout dernier, explique les lits qui se vident, mais pourquoi, aujourd’hui, alors qu’il existait des listes d’attente, les homes ne se remplissent plus … ?

Une situation inédite

Jean-Louis Delvigne, directeur de la maison de repos et de soins Saint-Vincent à Jumet constate : " Ici, il n’y a pas eu le covid. Nous avons pris dès le début de la pandémie, des mesures strictes et nous les appliquons toujours !"

Des lits restent vides pour la première fois depuis des années !

Cette année, Saint-Vincent a enregistré 5 décès naturels et une hospitalisation, seulement voilà, les lits restent vides pour la première fois depuis des années. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la trésorerie du home. 

" Sans aide financière de la part des institutions, nous perdons plus de 15.000 euros par mois (subsides pour les soins liés aux taux d’occupation et le prix de l’hébergement. Or, ces aides financières qui ont réussi à compenser le déficit jusqu’ici, s’arrêtent fin septembre. Nous sommes vraiment dans une situation inédite et un peu stressante, je dois l’avouer. "

Entre crainte et déception

Du côté des aînés, après un petit sondage dans la rue, nous constatons qu’une nouvelle forme de crainte s’est installée. 

Une dame nous dit " Je m’étais inscrite ! … mais maintenant j’hésite … je dois bien avouer qu’avec ce qui s’est passé, ça m’a vraiment refroidie ! … " 

Une autre nous dit : " franchement, quand on voient ces personnes âgées, isolées, " parquées " dans leur chambre, sans possibilité de voir leur famille, ça ne donne pas envie ." 

Il y a un manque de respect, un manque d’humanité !

Anne a perdu son père du covid. Non seulement la maison de repos exige le paiement du mois suivant le décès, mais elle comptabilise des frais de 180 euros pour avoir mis les effets personnels dans des sacs poubelles... Anne en a pleuré … la salle à manger avait été transformée en une sorte de déchetterie où tous les sacs des résidents décédés étaient entreposés. " Quel manque de respect, nous dit Anne, quel manque d’humanité … "

2 images
© Tous droits réservés

Les conséquences du covid

L’image des maisons de repos s’est altérée avec le Covid.

" L’image des maisons de repos ", explique Jean-Marc Rombeaux de la Fédération des CPAS de Wallonie et de Bruxelles, " s’est altérée avec le Covid. Elle n’était déjà pas brillante avant la crise, mais elle s’est encore dégradée. " Mais il se montre relativement optimiste " Avec le temps, et pour autant que les maisons de repos reprennent le contrôle, la situation reviendra à la normale. Mais il faut rétablir la confiance et ça, ça prendra du temps. " 

Alors que le secteur réclame que les mesures d’aides financières soient prolongées au-delà du 30 septembre, les familles, elles, cherchent des alternatives. Elles sont, en l’occurrence, nombreuses à envisager de garder leurs proches à la maison. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK