Les lingettes, trop souvent jetées à tort dans les toilettes

C’est un phénomène de consommation bien installé. Les lingettes envahissent les rayons, on en trouve pour tous les usages. Pratiques pour le consommateur, qu’elles soient démaquillantes, auto-bronzantes, qu’elles nettoient le salon, la cuisine ou les fesses de bébé, elles ne présentent pourtant pas que des avantages. 

Elles bouchent fréquemment les canalisations, se retrouvent parfois dans les rivières, et sont un fléau pour les stations d’épuration, avec un effet direct sur la facture de l’eau.

L’arrivée des lingettes biodégradables peut semer la confusion auprès du consommateur. Car ces lingettes dites "biodégradables" ne sont pas pour autant jetables dans les toilettes. Les lingettes à usage unique étant peu compatibles avec l’engouement pour le zéro déchet, les produits bio ou écologiques, qui eux sont dans l’air du temps, les fabricants ont trouvé la formule : les lingettes biodégradables. Pourtant, dans la plupart des cas, un petit logo vous indique qu'il ne faut pas jeter ces lingettes dans les toilettes. Elles seront donc jetées dans la poubelle, et finiront incinérées, comme n'importe quel autre déchet. Mais trop souvent, ces lingettes sont jetées dans les toilettes. Un problème quotidien pour les stations d’épuration : les lingettes n’ont pas le temps de se décomposer avant d’arriver à la station ou aux vortex, elles provoquent des bouchons ou s'enroulent sur les grilles en amont des stations.

Et les lingettes jetables, alors?

Il existe bien du papier toilette humide, pour un usage intime, et donc jetable dans les toilettes. La composition est différente, ce "papier humide" se désintègre plus rapidement. Les fabricants doivent alors respecter certains critères de dégradabilité avant la mise sur le marché, et satisfaire aux tests réalisés par des laboratoires privés. Ces critères sont définis dans un arrêté royal de 2015. S'ils ne respectent pas ces critères, les fabricants doivent le signaler clairement en apposant un logo sur l'emballage, un logo unique, qui indique que le produit ne peut être jeté dans les toilettes. L’objectif était de permettre au consommateur de s’y retrouver. Pourtant, malgré ces avancées, les acteurs de l'assainissement de l'eau n'ont pas observé de réelles améliorations. Les lingettes sont toujours un problème pour les grilles en amont des stations, le coût annuel du débouchage et des réparations des pompes endommagées est estimé à 3 millions d'euros. En ouvrant l’œil dans un supermarché, vous trouverez des logos différents sur les paquets de lingettes, et des conseils d’utilisation, inscrits en tout petits caractères, parfois étonnants. Par exemple, jetable dans les toilettes mais pas dans une fosse septique, ou jetable mais à condition de n’utiliser qu'une feuille par chasse d'eau.

Selon la Société publique de gestion de l’eau (SPGE), les normes imposées aux industriels sont trop faibles, notamment pour le papier toilette humide, et beaucoup trop de consommateurs ne tiennent pas compte de ces indications et jettent tout et n'importe quoi dans les toilettes. 

La solution?

Pour les stations d'épuration, le message est simple : ne jetez rien dans les toilettes. Pour Detic, qui représente les producteurs et distributeurs, on se dit prêts à discuter des normes jugées trop faibles par certains, mais la priorité n’est pas là. Pour les industriels, il faut conscientiser le consommateur, travailler sur une meilleure communication. 

De son côté, l’administration, bien consciente du problème, effectue des contrôles afin de vérifier la conformité des logos et des produits présents sur le marché belge.

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