Les effets néfastes de la livraison de colis sur l'environnement

Le confinement a alourdi le bilan carbone de la livraison de colis. Comment agir à notre échelle de consommateur pour l'alléger ?

Depuis quelques années, le commerce en ligne a bousculé nos habitudes de consommation. Aujourd’hui, tout, ou presque est à portée de main grâce à un simple clic. Certains Belges l’ont découvert à l’occasion du confinementL’e-commerce croît à une vitesse folle et le nombre de colis livrés ne cesse d’augmenter.

1/3 du chiffre d'affaire !

SPF Economie indique que "Le commerce électronique représente un tiers du chiffre d’affaires des entreprises en Belgique, un taux largement supérieur à la moyenne européenne et à celle des pays voisins".

En commerce électronique, la Belgique occupe la 9e place au niveau européen.

Mondial Relay, l’un des principaux poids lourds de livraison de colis en Belgique, a vu son nombre de paquets augmenter de 65% depuis le début de la pandémie. De son côté, Bpost a traité et livré jusqu’à plus de 500.000 colis par jour lors des pics du premier confinement, soit le double des volumes de colis à la même période en 2019.

Le défi du dernier kilomètre

S’il n’est pas simple à mesurer, une chose est sûre, l’impact environnemental n’est pas neutre. Surfer sur différents sites, payer en ligne, recevoir les nombreux mails de confirmation, de suivi, toutes ces actions font fonctionner les centres de données. C’est ce que l’on appelle la pollution numérique.

Ensuite, vient la livraison. Et l’épineuse question du dernier kilomètre, c’est-à-dire le trajet entre le dernier entrepôt et le lieu final de livraison. Ce dernier kilomètre est le plus coûteux, c’est aussi le casse-tête de tous les transporteurs.

Faut-il privilégier la livraison à domicile ou en point relais ?

Pas de réponse évidente tant les variables de l’équation sont nombreuses. "Ça dépend beaucoup du scénario sur lequel on s’appuie. Ou si le client en profite pour mutualiser son trajet avec d’autres trajets qu’il aurait fait de toute manière", nous explique Mathieu Cribellier, directeur de projet chez CO2logic. Et c’est encore mieux si le client final récupère son colis à pied ou à vélo.

Pour le livreur, une livraison en point relais présente l’avantage d’optimiser son trajet. "Ça permet de mutualiser davantage et donc avoir une camionnette qui sera optimisée dans son taux de remplissage et ça, c’est vraiment un critère clé pour réduire l’impact carbone."

Pour réduire l'impact carbone, il faut optimiser le trajet des transporteur de colis !

Du côté de Mondial Relay, l’entreprise souhaite augmenter encore son nombre de points relais. L’objectif : en proposer 2000 cette année. Pour Bpost, peu importe le lieu de livraison, le but est de livrer au bon endroit. L’essentiel est de ne pas devoir repasser le lendemain, pour ne pas multiplier les transports et donc le bilan carbone du colis.

Tendance à la surconsommation et retours

Black Friday, soldes, ces évènements commerciaux ont tendance à pousser à la consommation et entrainent une augmentation des retours de produits. Si cela peut paraître anodin au moment de nous rendre à la Poste ou au point relais, ces renvois alourdissent le coût carbone de notre achat.

En moyenne, 30% des vêtements achetés sont retournés.

Selon Martijn Martens, retail analyst chez Gondola Academy, ces produits feront le trajet en sens inverse, puis devront à nouveau être emballés pour être réexpédiés. Pourtant, la gratuité des retours est encore souvent un argument de vente !

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Transport de colis © Getty Images

La livraison express alourdit le bilan carbone final

Autre argument marketing, qui alourdit le bilan carbone final : la livraison express, en quelques jours, voire en quelques heures. Une livraison plus rapide peut signifier un trajet supplémentaire. "On fait appel à des camions plus petits, qui vont transporter moins de colis, qui vont consommer un peu plus au colis transporté, donc le coût carbone de l’urgence est réel" observe Mathieu Cribellier. Et parfois, nos colis traversent le monde en avion pour arriver en quelques jours à la maison.

Le transport de colis par avion en cas de délais de livraison express a un impact carbone énorme !

"Si on a un produit qui vient de Chine, en urgence il arrivera par avion, si ce n’est pas urgent, il sera transporté en bateau." Et l'impact carbone est évidemment bien plus élevé pour un transport de colis par avions plutôt que par bateau.

Comment agir à notre échelle de consommateur ?

En commençant par se poser quelques questions :

  • Avons-nous réellement besoin de nous faire livrer un livre, des baskets ou du matériel informatique en deux jours ?
  • Ai-je réellement besoin de commander trois paires de chaussures pour avoir la bonne pointure ?

Nous pouvons également ​​​​​​​

  • grouper nos achats quand c’est possible
  • réduire la taille des emballages quand nous vendons entre particuliers 
  • les réutiliser lors de nouveaux envois (même si les emballages ne sont ni réutilisables ni recyclables à l’infini)
  • mutualiser nos trajets

Autant de petits gestes à réaliser à notre échelle.

Modes de livraison alternatifs chez Bpost

Bonne nouvelle : parallèlement au développement de l’e-commerce, les modes de livraison alternatifs se multiplient : véhicules électriques, livreurs à vélo et même réseaux de particuliers peuvent alléger le bilan carbone du dernier kilomètre. 

  • Bpost dispose d’une flotte de véhicules à empreinte carbone réduite de plus en plus large : vélos, vélos électriques, scooters électriques à trois roues, vélos cargo électriques à trois roues, camionnettes électriques…
  • L’entreprise investit également dans de nouvelles remorques à double étage. En transportant 60% de colis et courrier en plus sur un seul trajet (par rapport aux remorques utilisées aujourd’hui), Bpost devrait réduire de 30% le nombre de trajets et de kilomètres parcourus d’ici 2030.
  • Un projet pilote d’écozone en collaboration avec la Ville de Malines a vu le jour pour tester notamment les livraisons zéro émission en centre-ville.

Zalando, site de vente en ligne, agit également en permettant à ses clients de compenser le coût de leur livraison en payant une "taxe carbone".

Il faut espérer que ces modes de livraison alternatifs se généralisent de plus en plus avec le temps.

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