Les compteurs électriques communicants se font attendre en Belgique

Issus d'une obligation européenne, ils sont installés en Italie et en Suède depuis des années. Ils arrivent en masse en France et dans bon nombre de pays voisins, mais il faudra encore attendre deux ans avant que les premiers compteurs électriques communicants ne soient installés chez nous. Le décret wallon, plusieurs fois modifié, prévoit un déploiement progressif dès 2020 mais d'abord en remplacement des compteurs à budget ou pour les nouvelles installations. Chez Resa, un des distributeurs, on vise 60 pourcent d'installation en quinze ans! Autant dire que la couverture totale n'est pas encore pour demain.

A quoi ça sert ?

Le compteur "intelligent" permet de surveiller sa consommation électrique de manière précise. Grâce à diverses applications, le client pourra analyser exactement sa consommation et détecter les appareils les plus énergivores. Plus besoin non plus de relever le compteur une fois par an puisque ses données sont fournies en permanence au distributeur d'électricité. En France, cela permet aux fournisseurs de proposer des tarifs adaptés à la consommation de chaque ménage. On n'en parle pas encore beaucoup chez nous, mais rien n'empêcherait de faire de même, et d'offrir par exemples des tarifs avantageux lors de pics de production dus aux panneaux photovoltaïques.

Pour le distributeur d'électricité, ce renouvellement du parc présente aussi beaucoup d'avantages. Cela permet de repartir avec un ensemble de matériel neuf, moins soumis aux pannes, mais aussi de résoudre à distance de nombreux problèmes, comme celui d'offrir une tension constante. Enfin, et d'aucun disent que c'est la raison principale en Italie, cela permet de lutter bien plus efficacement contre les fraudes : compteurs piratés ou lignes détournées.

Quel compteur chez nous ?

En France, le distributeur Enedis contrôle 95 pourcent du marché et propose le compteur Linky, qui communique par le réseau de fils électriques. Chez nous, c'est beaucoup plus complexe puisque de nombreux distributeurs se partagent le marché. Si Ores semble copier le modèle français, Resa préfère la technologie dite LTE, c'est à dire basée sur les réseaux 4 et 5G. La Flandre a aussi opté pour cette technique qu'on nous affirme plus évoluée. A terme, on peut même envisager une domotique complète où une application permettrait de gérer ses différents compteurs d'énergie et ses appareils électroménagers. Mais certaines voix s'élèvent pour s'opposer à ces nouveaux compteurs. D'aucuns craignent une perte de contrôle sur leurs données privées. Si le distributeur connait votre consommation à la minute près, n'y a-t-il pas de risque d'enquête en cas de sur- ou sous-consommation? Du côté des distributeurs, on dit garantir la protection des données.

De toutes façons, les constructeurs de compteurs ne vont plus faire évoluer les anciens modèles et bientôt, il n'existera plus que des compteurs communicants sur le marché. Et puis, on vous le disait : c'est une obligation européenne...

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