Les boissons aromatisées à base de vin : "un plaisir qui s'apparente à un bonbon industriel"

Dès que le soleil se pointe, les ventes de ces rosés pamplemousse ou blancs pêche s’envolent. Tous les fabricants ont leur recette secrète mais quels sont leurs ingrédients précisément et sont-ils plus ou moins caloriques qu’un verre de vin ?

Les BABV existent depuis dix ans en France et sont dans nos rayons, principalement de supermarchés, depuis quatre cinq ans. Cette boisson se boit fraîche à l’apéro, plutôt l’été lorsqu’il fait (très) chaud. Il y a le classique rosé pamplemousse, ou le blanc pêche mais la palette des vins aromatisés est très large. Il existe le rosé banane ou cassis, mais plus original encore, le rosé coquelicot bleuet, le blanc kiwi… Ou encore plus fou, le rosé spéculoos ou le rosé bubble-gum !

De l’eau

Chez V & Fruits, on en produit depuis dix ans, il existe plus de 45 parfums différents. En 2018, cette société nantaise a produit trois millions de bouteilles. Son Directeur Commercial, François Drougard, nous explique que "Les vins blancs et rosés viennent d’Espagne et de Loire Atlantique. Les étiquettes ne le mentionnent pas car la loi n’autorise ni les mentions de cépages, ni les appellations sur ces bouteilles. Il y a aussi des arômes naturels et du jus de fruit pour certains mais surtout de l’eau !". François Drougard nous explique que les vins de base sont à 12 degrés d’alcool et que l’eau est ajoutée pour diminuer le taux à 8°. Réglementation oblige, il doit y avoir 50% de vin minimum… Pour Julien Stephant, sommelier, "avoir moins 8° permet d’avoir des taux d’accises réduits et donc de vendre une boisson alcoolisée moins chère."

Deux fois plus sucré qu’un vin sec

"On ajoute du sucre. Ces boissons contiennent suivant la recette entre 60 et 80 gr de sucre/litre, avoue François Drougard, afin de casser l’acidité du vin. Il y a parfois aussi des jus de fruits ajoutés pour donner de la longueur en bouche (pas pour tous)." Pour Alain Pardoms, acheteur de vins chez Delhaize : "Ce sucre masque les faiblesses du vin mais ce n’est pas pour autant que ce soit du vin de mauvaise qualité. Les vins de table en 25 ans ont bien évolué". "C’est donc deux fois plus sucré qu’un vin sec classique" souligne Stéphanie Thylleman, Diététicienne Nutritionniste chez Dietconsult. "Ce n’est donc pas indiqué pour les diabétiques mais comme on ajoute de l’eau et que ces boissons sont moins alcoolisées (7-8°) qu'un simple vin (12°), cela revient au même au niveau calories. Le souci c’est que ces vins aromatisés se boivent comme de la limonade, ils sont sucrés et servis frais or cela reste de l’alcool. Boire trop d’alcool peut entraîner 200 pathologies, ne l’oublions pas !".

Pour Alain Pardoms, ces boissons aromatisées visent "Un public plutôt féminin et jeune qui a un palais adapté à la sucrosité". François Drougard estime pour sa part que c’est une façon d’initier les jeunes au vin. Son prix bas entre 2,99 euros à 4,50 euros permet d’être accessible à tous. Pour le sommelier Julien Stephant, c’est impossible de produire un produit de qualité à ce prix. Il a goutté des rosés pamplemousse de marques différentes : "C’est très sucré et amer". Selon lui, il n’y a pas vraiment de différence entre eux au niveau du goût. Pour lui, on ne peut pas parler de vin mais d’un plaisir qui s’apparente à un bonbon industriel. Il remarque aussi que l’on ajoute beaucoup de soufre dans ces vins pour la conservation et que donc cela peut donner mal au crâne le lendemain. Et puis, rien que lire sur l’étiquette servir frais : "C’est pour endormir vos papilles gustatives… Attention méfiance ! Souligne notre sommelier… Et puis, c’est un vin que l’on peut faire soi-même facilement et comme cela, on sait ce qu’il y a dedans : un bon pamplemousse et du rosé et le tour est joué. Si c’est trop acide, ajouter une pointe de sucre de canne".

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