Le supermarché coopératif, un supermarché pas comme les autres ...

Pour faire ses courses, nous n'avons que l’embarras du choix ! Mais de plus en plus, il y a des alternatives à l’hypermarché ou à l’épicerie du coin. Il y a également le supermarché coopératif ! Il s'agit d'un supermarché qui tourne avec, en quelque sorte, des bénévoles. Ce sont des personnes qui s’organisent pour faire tourner la boutique, qui décident ensemble de la gestion du supermarché. En effet, elles décident des produits qui seront vendus, de leur provenance et de leur prix de vente.

Il existe plusieurs structures en Belgique dont trois qui ont ouvert leurs portes à Bruxelles. Mais le tout premier du genre a été créé à New York, en 1973. C'est un supermarché situé à Brooklyn qui s’appelle "Park Sloop Food Coop". Il s’étend sur plus de 1000 mètres carrés. 17 000 personnes participent à cette aventure. Des milliers de personnes qui donnent bénévolement, par mois, trois heures de leur temps pour travailler en caisse, organiser le déchargement des marchandises ou le réassortiment et faire du nettoyage.

Ce supermarché a fait l’objet d’un documentaire qui sortira chez nous le quinze mars. C'est un film réalisé par Tom Boothe, qui était avec les Pigeons en studio ce mardi. Ce dernier raconte : "J'ai habité à New York pendant les années 90 mais je ne connaissais pas l'existence de ces supermarchés, ce n'est pas bien connu. Mais après, j'avais des amis qui habitaient aussi New York et c'est grâce à eux que j'ai découvert cela. Quand j'y suis entré pour la première fois, j'ai été frappé car c'est une ambiance totalement insolite, très énergique mais où il y a aussi l'absence totale de marketing, ce qui est très frappant car dans les autres supermarchés, on est totalement écrasés par le marketing.

Au niveau des produits, c'est un supermarché normal. Il y a un peu plus de produits axés sur le bio et sur les huiles essentielles que dans un supermarché classique, mais il y a également des ampoules, etc"

Un supermarché ouvert uniquement aux 17 000 coopérateurs

"C'est un modèle qui existe aussi en Europe depuis le 19ème siècle. C'est une coopérative de consommateurs. Ce modèle est très simple mais bon ! Les personnes qui l'utilisent sont littéralement les propriétaires également. Pour pouvoir y faire ses courses, il faut ajouter des parts. A New York, il faut donner cent dollars, une fois dans sa vie et ils sont remboursés si on quitte la coopérative. Pour des personnes bénéficiant des minimas sociaux, c'est dix dollars.

Ce qui attire les gens, c'est la complexité, le fait que cela réponde à plusieurs choses en même temps. C'est une superbe ambiance ! Les prix sont incroyables et avec une qualité vraiment bien. De plus, il y a également la mixité sociale au sein du projet. Ce n'est pas l'ambiance 'club' que l'on trouve souvent dans des projets alternatifs, où tout le monde pense la même chose. C'est vraiment une petite vitrine sur la vie de New-York, tout le monde va là !".

Un supermarché coopératif et participatif de 1400 mètres carrés à Paris, "La Louve"

"Il nous a fallu trois ans pour ouvrir ce magasin, ce qui est plutôt normal. A présent, c'est ouvert pour la phase de test. Tout le monde vient travailler, acheter des choses, mais on règle aussi des problèmes informatiques, on remplit de plus en plus les rayons,.. Mais c'est ouvert, et ça marche ! Pour l'instant, il y a 4 500 coopérateurs mais avec 100 personnes qui nous rejoignent chaque semaine. Cela s'est fait par le bouche à oreille !".

Également une structure en septembre 2017 à Schaerbeek, "Bees Coop"

"Les travaux pour cette structure avancent bien. C'est un peu compliqué car ils ont acheté des vieux bâtiments et il y a quelques problèmes, mais ça avance et il risque d'ouvrir en septembre ! C'est la folie, parce que nous ne communiquons pas du tout ! Il y a des articles dans la presse, mais on ne fait aucun effort pour communiquer. Il y a quarante projets en France qui nous ont contactés et qui veulent faire la même chose ! Dans toutes les grandes villes de France, il y a un projet de ce genre-là ! C'est sûr qu'il faut donner trois heures de son temps toutes les quatre semaines. Mais on peut choisir le créneau qui convient, à condition qu'il y ait de la place. Les personnes qui travaillent la journée viennent souvent le soir ou très tôt le matin. On a beaucoup de personnes qui viennent à six heures du matin !". 

Le documentaire "Food Coop" sortira en salle le 15 mars, soit mercredi prochain. Vous pouvez retrouver des informations sur le sujet sur le site de Libération Films

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