Le "sans alcool", un marché très juteux

Plus de 100 000 Belges ont passé le mois de février sans consommer la moindre goutte d’alcool. L’opération Tournée minérale se termine avec succès. L’occasion de donner un coup de projecteur sur un marché en pleine croissance : le 0% alcool.

De nombreuses raisons de ne pas boire

L’attente d’un heureux événement, le rôle de BOB, des soucis de santé, ou des convictions religieuses. Les raisons pour lesquelles on ne consomme pas d’alcool sont nombreuses. Pour éviter les frustrations, les marques ont développé d’innombrables alternatives. L’offre en boissons de fêtes s’élargit toujours plus : mojito, pastis, mousseux, blanche ou kriek se déclinent désormais en 0%. Objectif : permettre aux consommateurs de profiter du goût de l’alcool sans en subir les effets.

Les ventes ont doublé en quatre ans

Le rayon des boissons sans alcool prend de plus en place dans les supermarchés. "Les ventes ont doublé depuis 2013", se réjouit Baptiste Van Outryve, porte-parole de Carrefour. Ce que les clients demandent ? "Des boissons avec 0% d’alcool", précise le porte-parole de Carrefour. "La vente des bières et effervescents légèrement alcoolisés a chuté au profit des boissons qui ne contiennent pas d’alcool du tout. L’exemple le plus flagrant est la bière 0,0% de Jupiler, véritable succès commercial."

Le succès de la Jupiler 0,0%

De plus en plus exigeant, le consommateur veut retrouver le goût de l’alcool dans les substituts qu’il achète. Du coup, les marques mettent le paquet sur l’innovation. Pour offrir une pils digne de ce nom, AB InBev a mis au point un "processus brassicole unique dans lequel le goût et le corps sont maintenus même après que l’alcool ait été extrait", explique Tom Dumortier, maître-brasseur au sein d’AB InBev. Le succès est au rendez-vous. Quatre mois après son lancement, la Jupiler 0,0% est déjà la bière sans alcool préférée des Belges.

Vin désalcoolisé

Processus de désalcoolisation aussi chez Vintense. Le leader du vin sans alcool en Belgique a mis au point une méthode qui permet l’évaporation de l’alcool à basse température. Un procédé qui, selon eux, "évite la perte des arômes volatils et qui garantit le maintien des qualités organoleptiques du vin d'origine."

Et le goût ?

On n’est pas des Pigeons a fait goûter le Chardonnay et le Merlot de chez Vintense à des habitués de la fête et de l’amusement : des étudiants de l’UCL. "Ça goûte le jus de cerise, pas le vin !", s’exclame le premier. Un autre étudiant trouve que "c’est vraiment de la piquette". Mais les breuvages ont aussi convaincu. "D’habitude je n’aime pas le vin, mais là je trouve ça vraiment bon, ce n’est pas râpeux", se réjouit un testeur. Enfin, une étudiante qui ne consomme pas d’alcool trouve que c’est une excellente idée de développer une gamme de vins désalcoolisés. "Quand tu es en soirée et que tu ne bois pas, tu es vite stigmatisé", déplore l’étudiante. "Là au moins, tu peux donner l’impression de boire et faire ainsi illusion."

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