Le quotidien des maraîchers, pas toujours facile

Le quotidien des maraîchers, pas toujours facile
Le quotidien des maraîchers, pas toujours facile - © MADImagingSF - Getty Images/iStockphoto

C'est un fait, il y a de plus en plus de marchands ambulants... Et c'est assez contradictoire car tous les marchés ne sont pas au top de leur forme. Actuellement, il y a 2 689 marchands ambulants selon les chiffres de l'Union des Classes Moyennes. C'est 280 marchands de plus qu'il y a dix ans... Et pourtant la vie des maraîchers n'est pas toujours très chouette...

Nous nous sommes baladés au marché de Cuesmes, hier, près de Mons. Jean-Pierre y vend des fruits et des légumes. Il fait trois marchés par semaine mais n'est pas très optimiste... "Ça devient difficile. C'était beaucoup mieux avant... Il n'y a pas de parking. Et qui dit pas de parking, dit pas de ventes. D'ailleurs les centres des villes se meurent, et ils savent bien pourquoi... Il n'y a nulle part un parking. Moi, comme n'importe qui, si je ne sais pas me garer quelque part, je ne vais pas aller faire un kilomètre à pied, voilà...", explique t-il. 

Le prix de l'emplacement, toujours assez cher

Ce qui est cher aussi, c'est le prix de l'emplacement. Une petite ville comme Frameries dans le Borinage demande 50 euros la place. Sur La Batte à Liège, le marché du dimanche matin, c'est 300 à 400 euros par mois. Et les maraîchers se plaignent aussi d'autres frais: "Par exemple on nous a imposé la taxe kilométrique. C'est très simple. Au lieu de payer 2 250 euros annuels, je paie 13 000 euros. Vous vous rendez compte? Fois cinq, fois six... Mais on n'est pas écoutés malheureusement! Ça devient difficile d'être rentable". 

Dans ce cas-là, on peut facilement remarquer que la vie des maraîchers est en effet difficile. Comment peut-on alors expliquer qu'il y ait plus de maraîchers aujourd'hui qu'avant? Tout d'abord, de plus en plus de maraîchers font ce métier à temps partiel. Ensuite, quand on retire tout ce qui ne va pas, les taxes, les matins pluvieux, les -10 degrés... Il reste quand même pour certains une bonne rentabilité et un contact avec le client qu’Eddy, par exemple, ne voudrait pas abandonner. Il est professeur d'éducation physique mais a repris à temps plein, il y a trente ans, la poissonnerie ambulante de ses parents et grands-parents :"Fatalement, on est tombés dans la marmite. Et finalement, il y a la contact aussi. Si j'ai été professeur d'éducation physique et puis maraîcher, c'est que j'aime bien. Sinon je ne le ferais pas. Ce sont quand même des heures qui sont là. L'éducation physique c'est 20-25 heures/semaine, ici c'est 80 heures/semaine. Malgré tout, c'est quatre fois plus. Bien sûr on gagne un peu plus, c'est normal. Mais c'est d'abord l'amour du métier". 

Des clients toujours satisfaits de la qualité des produits

On peut aussi constater qu'il y a des clients, pas toujours ravis, de voir leur marché matinal un peu dépérir, mais toujours satisfaits de la qualité des produits qu'ils achètent. Le prix, moins cher, et la convivialité. "On se voit tous les mardis. Il me connaît et prépare déjà ma commande avant que je n'arrive. C'est lui qui décide pour moi ce que je vais manger cette semaine", nous explique un habitué.  

Du côté de la Fenaca (Fédération Nationale des Commerçants Ambulants), on parle d'une évolution. Les marchés matinaux ne vont pas très bien. Les marchés artisanaux, saisonniers, les marchés loisirs, eux, ne se portent pas trop mal. La Fenaca a adressé récemment ses revendications au ministre wallon chargé du commerce ambulant. Et par exemple, les maraîchers aimeraient pouvoir céder plus facilement leur commerce quand ils arrêtent, ils veulent pouvoir faire déguster leurs produits partout (il y a des endroits où c'est interdit), et ils veulent aussi payer moins cher leur emplacement. 

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