Le petit business des influenceuses : de la promo au service d'une cause

Certaines d'entre elles sont devenues de véritables icônes sur la toile. En Belgique, elles s'appellent Elena, Lufy ou Gaëlle. Avec des milliers de followers sur instagram et autant d'adeptes sur YouTube, elles se sont pratiquement élevées au rang de star. Grâce à leur notoriété acquise sur le net, elles sont devenues des canaux incontournables pour de nombreuses marques. Ce n'est pas pour rien qu'on les désigne comme des influenceuses…

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Influenceuses sur Instagram © Tous droits réservés

Influenceuse, un gros mot ?

Influenceuse ? Oups, le mot est lâché, presque comme une insulte.

Cela semble, en tout cas, être l'avis de Gaëlle avec son million d'abonnés. Elle, elle refuse tout net notre demande d'interview, visiblement agacée d'être assimilée à une influenceuse. "Je suis une créatrice de contenus, corrige-t-elle, cheffe d'entreprise et directrice d'une marque de cosmétiques." Pardon, la "confusion" était involontaire... Il est vrai que du contenu, elle en publie Gaëlle ! Sa page Insta en regorge. Il est vrai aussi qu'elle a créé sa propre ligne de maquillage. Mais n'en est-elle pas moins pour autant une influenceuse ? Au sens sémantique du terme, bien sûr, à savoir quelqu'un qui a de l'influence ?...

Je suis une créatrice de contenus, cheffe d'entreprise et directrice d'une marque de cosmétiques !

Pour Chiara, 17 ans, ben...si, un peu! "Gaëlle ? Waouw, je l'admire ! J'adore ses tenues, son look et j'aimerais bien essayer son eyeliner…" Est-elle sous influence, Chiara ? "Oui, quand même un peu, quand elle publie des photos avec un sac d'une telle marque, par exemple, je pense à me le faire offrir pour Noël ou pour mon anniversaire…" Et voilà ! Quand elle arbore ses tenues glam avec des marques untel et untel, qu'elle le veuille ou non, Gaëlle est une influenceuse.

Mais, ce titre, visiblement, elle n'est pas la seule à le réfuter. En plus de Gaëlle, d'autres "influenceuses" belges ont décliné notre demande d'interview. Dommage. Nous avions plein de questions à leur poser. Du genre : sont-elles crédibles ? Sont-elles rémunérées par les marques et, si oui, combien ?

Au service d'une cause

Heureusement, l'une d'elles, parmi les plus populaires sur Insta, ne nous a pas éconduits, Juliet Bonhomme. Il faut dire qu'elle, c'est une influenceuse pas tout-à-fait comme les autres.

J'ai voulu prendre le contrepied de toutes ces blogueuses qui, consciemment ou non, incitent à la consommation.

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FIRST SLOW FASHION CONFERENCE LE 06/10 ???????? Petit retour sur ce premier shooting réalisé l’an dernier avec des tenues 100% seconde main par @noemiekreitlow pour vous annoncer que je vais donner ma première CONFÉRENCE sur la mode « durable » ! ???? . Ça se passera le 6/10 à @see.u.brussels pour @thelemonspoon ! Je vous expliquerai mon changement de consommation arrivé il y a plus de 2 ans et comment j’ai su allier mes valeurs et ma passion pour la mode. J’espère pouvoir vous inspirer de part mon témoignage et les solutions que j’ai trouvé ???????? . Mon talk sera suivi d’une table ronde avec des personnes super inspirantes comme @thegreenmonki du mouvement @fash_rev_belgium, @charlottemounzer de @se.em_bycm et finalement Marine de Waziers de @wearpool ???? Wanna come? Lien en bio pour prendre tes tickets ! . . #slowfashion #secondhand #ootd #vintage #consciousfashion #fairefashion #talk #brusselstalk

Une publication partagée par Juliet Bonhomme (@julietbonhomme) le

 

Juliet Bonhomme, c'est plus de 11.000 abonnés. Aussi bien, voire mieux que de nombreuses stars d'Instagram. Le terme "influenceuse", Juliet, elle, ça ne la dérange pas. Au contraire. Car de l'influence, elle espère bien en avoir. Elle se décrit même volontiers comme une activiste.

Son truc à elle : la consommation durable. "J'ai voulu prendre le contrepied de toutes ces blogueuses qui, consciemment ou non, incitent à la consommation. Elles prennent trop de place, explique Juliet, avec leurs images retouchées, elles donnent une image faussée de la vraie vie et leurs publications influencent beaucoup trop les jeunes filles. Moi, j'essaie de leur montrer que l'on peut consommer autrement, de manière plus durable, en privilégiant, par exemple, la récup ou la seconde main."

Et le crédo de Juliet fait mouche ! Surtout depuis le confinement. "Je me suis mise à la couture, explique-t-elle, et j'ai commencé à publier pas mal de posts montrant comment confectionner des vêtements avec de vieux rideaux ou d'anciennes nappes de table. Comme tous les magasins étaient fermés, mes publications ont cartonné !" Du coup, Juliet, la militante de 24 ans, connaît aujourd'hui un succès pratiquement égal à celui des recordwomen du net. Le nombre de ses followers a carrément doublé !

On m'offre des produits, si j'y crois, j'en parle, sinon je n'en parle pas.

Pourtant, Juliet n'est pas une pro. Elle a un boulot à temps plein et ses stories et autres publications, c'est pendant ses temps libres qu'elle les gère. A titre gratuit la plupart du temps. "J'ai été rémunérée deux fois seulement, dit-elle, 300 euros pour parler d'une appli qui encourage les gestes facilitant les économies d'énergie ou encore, une autre fois, pour mettre en avant une marque de produits d'entretien écologiques." Pour le reste, pas de rémunération, mais des échanges. "On m'offre des produits, explique Juliet, si j'y crois, j'en parle, sinon je n'en parle pas." Mais pas de compromis pour Juliet. "Ce que je mets en avant est toujours fidèle à mes convictions."

 

Est-ce le cas de toutes les influenceuses ? "Pas sûr...Celles qui en font un métier sont évidemment rémunérées, nous dit Juliet, et plus elles ont de followers, mieux elles sont payées."

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