Le Nutrition Day, l'occasion d'évoquer le problème de la dénutrition

Aujourd'hui 9 novembre, c'est le Nutrition Day. Il s'agit d'une journée internationale à laquelle participent des hôpitaux et institutions de soins du monde entier, l'occasion d'évoquer un problème dont on parle peu : la dénutrition. 

Dominique Lacrosse, docteur au CHU UCL Namur et responsable de l'Unité transversale de nutrition, a donné quelques précisions sur cela. Elle précise notamment que c'est quelque-chose de compliqué car dans nos pays occidentaux les patients ont plutôt tendance à être en surpoids. Il faut donc pouvoir mettre la dénutrition dans cette réalité avec des patients en surpoids. Mais comment cela va-t-il se voir ? En fait, c'est un état de manque. Ça peut être un déficit en calories, en protéines. C'est quelqu'un qui mange peu, pas assez, voire plus tout, et qui va perdre involontairement du poids. Vous pouvez aussi avoir un poids très important, puis vous perdez du poids petit à petit, votre IMC reste normal, mais vous avez perdu beaucoup de poids. On va alors parler de dénutrition. Il s'agit d'un diagnostic clinique sur la perte de poids et la vitesse à laquelle on a perdu ce poids.

Concernant la dénutrition, tout dépend de la population présente à l'hôpital. Concernant des services comme la gériatrie, la chirurgie digestive ou encore l'oncologie, on y retrouvera une plus grande proportion de patients dénutris. Et pour prendre en charge cette dénutrition, la première chose à faire est de déjà la reconnaître. C'est aussi cela le but de la journée, sensibiliser le patient, le grand public, les infirmier(e)s et tous les médecins à ce dépistage de la dénutrition pour que cette première étape soit réalisée. On pose le diagnostic, puis on peut débuter une prise en charge à l'hôpital.

Dans les hôpitaux, il faut adapter les repas aux goûts des patients, et on ne sait jamais faire la cuisine comme à la maison ... Ensuite, une deuxième adaptation doit être faite en fonction de la pathologie. Il faut par exemple adapter la texture, ou encore éviter les légumes. Des adaptations sont parfois nécessaires et rendent donc le plateau repas moins appétissant.

Un coût de 400 millions d'euros par an pour la dénutrition

Chez nous, le coût de la dénutrition est estimé à 400 millions d'euros par an. Cela s'explique car la dénutrition va impacter la pathologie à laquelle est soumis le malade. Par exemple quelqu'un qui va être opéré et qui est dénutri a plus de risques de développer des complications après l'opération, comme des infections par exemple. Des infections qui vont obliger le patient à rester à l'hôpital et qui ont donc un coût pour la collectivité. Mais si on arrive à traiter la dénutrition avant, on va arriver à diminuer les complications et donc les durées de séjour. Ce n'est donc pas une fatalité ! 

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