Le do-it-yourself boosté par la crise

Le monde du do-it-yourself est en pleine ébullition pour le moment. De nouvelles sociétés débarquent sur le marché tellement la demande serait forte. Elles proposent des kits pour monter soi-même ses installations électriques, sanitaires, sa ventilation ou son chauffage. La crise sanitaire accélérerait la tendance du "faites-le vous-même !", do-it-yourself en anglais, DIY, pour l’acronyme.

La société historique, Brainbox

Brainbox, c’est une pionnière en Belgique francophone. Depuis 40 ans, cette société est en croissance continue. Petit à petit, mais sûrement, le DIY (Do It Yourself) s’est fait une place dans le monde de la construction.

On peut faire du DIY dans tous les domaines maintenant !

Depuis la crise, la tendance s’accélère, comme en témoigne Philippe Fondu, le directeur de Brainbox : "La tendance DIY a pris de l’ampleur pendant cette crise sanitaire. Brainbox n’a pas participé au salon de Batibouw, un très gros salon qui nous apportait quand même beaucoup de demandes de devis, et on parvient en fin d’année 2020 à arriver à la même quantité de demandes de devis. La demande est forte. Le Belge a toujours une brique dans le ventre. Il a de plus en plus la possibilité en tant que particulier d’avoir du temps libre. Mais, surtout le DIY, on commence à le voir dans tout depuis une dizaine d’années. Si demain, vous voulez faire une vidange d’huile et que vous habitez dans un appartement et bien vous savez louer un emplacement pour aller justement faire votre vidange."

Jérôme Beaurain, directeur de Techniself, une autre société qui propose des kits prêts à monter confirme la tendance : "Ça prend de l’ampleur dans tous les domaines, le DIY. Il y a des gens maintenant qui font leur maison même totalement eux-mêmes. On voit ça aussi dans la réparation d’électroménager, dans la réparation automobile. Le DIY est vraiment en plein essor, dans tous les domaines. On a tellement du mal à trouver des corps de métier disponibles. Les gens aiment bien avoir leur budget en main et tous leurs travaux entre leurs mains."

Jérôme Beaurain y voit une autre cause : "Les crédits hypothécaires sont fort bas. Il y a beaucoup de choses qui poussent les gens à revoir leurs crédits, à faire des prêts travaux. Il y a beaucoup de nouvelles constructions aussi. Les gens restent persuadés que l’immobilier est un bon investissement."

En travaillant de cette manière, on peut réaliser des économies de main-d’œuvre jusque 40, 50% !

Cédric Vielvoye, le responsable marketing de Self-Energie, une troisième société spécialisée dans le DIY, confirme à son tour la tendance. Pour lui, la forte demande actuelle s’explique surtout par un souci d’économie de la part des particuliers : "C’est un sujet qui est porteur. Il y a une volonté de faire des économies. En travaillant de cette manière, on peut réaliser vite des économies de main-d’œuvre qui vont jusque 40, 50%."

Faire des économies, palier à un manque de professionnels disponibles, accroissement du temps libre, généralisation du phénomène DIY, investissement dans l’immobilier, toutes ces explications valaient avant la crise sanitaire et se poursuivent aujourd’hui. Avec la crise, d’autres causes sont venues booster davantage la tendance.

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Do-it-yourself © Getty Images

Une crise sanitaire aux effets positifs pour le secteur

Il y a tout d’abord eu un rebond des activités de bricolage, en général. Cédric Vielvoye, responsable marketing de chez Self-Energie : "Les gens passent plus de temps chez eux, avec le télétravail qui se met en place." Philippe Fondu, directeur de Brainbox, abonde dans ce sens : "Les gens bricolent beaucoup plus. Il fallait bien qu’ils s’occupent pendant le confinement"

A côté de ce retour vers le bricolage et le fait maison, il y a eu pendant cette crise des blocages entre des clients et des professionnels. De grosses sociétés ne pouvaient pas se permettre de fonctionner à 100%, poursuit Philippe Fondu : "A cause de la crise, des sociétés ne pouvaient pas continuer à envoyer une équipe sur chantier et donc, il y a eu des blocages de chantier à cause de cela. Il y a des clients qui se sont retournés et se sont dit : "Dans ces conditions-là, je travaille seul et au moins, je ne suis pas bloqué.""

Par ailleurs, le système du DIY permet de réduire au maximum les contacts entre clients et professionnels. En temps de crise, cet avantage n’est pas négligeable. Les activités de Brainbox ont pu, malgré les restrictions se poursuivre quasi normalement.

Jérôme Beaurain, directeur de Techniself, a vu lui, dans la crise, une aubaine : "Nous, on a ouvert en pleine crise. On a créé la société au mois de juin. On a démarré notre activité en septembre et ça a pris de l’ampleur directement. Les gens ont peut-être mis des budgets dans des travaux qu’ils ne pensaient pas faire parce qu’ils ne sont pas partis en vacances. Ils ont plus de temps à consacrer à des travaux d’amélioration de leur confort."

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Avant la crise, une faillite, pendant la crise, deux nouveaux acteurs

Début 2020, à quelques semaines avant le début de la crise sanitaire, Selfmatic, alors une société fortement active dans le DIY en Belgique francophone tombe en faillite. Les raisons seraient liées à une mauvaise gestion et non à un manque d’intérêt du public pour le DIY.

En même temps, deux autres sociétés voient le jour...

L’une en 2019, Self-Energie, une nouvelle filiale d’une entreprise spécialisée dans les installations professionnelles. En moins d’un an, elle ouvre deux points de vente, à Namur en février 2020 et à Liège en août 2020. A terme, l’ambition de ce nouvel acteur dans le DIY est d’être présent sur une bonne partie de la Wallonie (le Hainaut, Charleroi) et à Bruxelles.

L’autre société à ouvrir en pleine crise, pendant l’été 2020, c’est Techniself, portée par trois anciens employés de Selfmatic. Jérôme Beaurain, son directeur, nourrit de fortes ambitions également dans ce climat favorable au DIY : "On est ouvert depuis six mois et d’ici un mois, on ouvre déjà un nouveau magasin sur la région de Liège. Le secteur est très porteur. On est assez débordé."

Etre débordé, quand de nombreux autres secteurs sont condamnés à l’immobilisme, cette crise sanitaire n’en finit pas, c’est sûr, de bouleverser nos économies.

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