Le CSA sanctionne la diffusion d'une publicité sexiste des magasins Lidl

Vous vous en souvenez peut-être, en février dernier, une publicité des magasins Lidl avait suscité pas mal de réactions. Et dans cette publicité, passée sur des chaînes privées, Lidl disait " Venez acheter chez nous, c'est moins cher et du coup, grâce à l'argent ainsi économisé, vous pourrez vous payer une femme délicieuse. Parce qu'une femme délicieuse, ça a besoin d'un beau sac, d'aller souvent chez le coiffeur, etc ...".

Suite à ce que cette publicité avait engendré, la chaîne Lidl avait présenté ses excuses, expliquant que c'était de l'humour et qu'elle ne voulait évidemment pas choquer ses clientes. Cependant, le CSA, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, avait été saisi d'une bonne dizaine de plaintes. Six ont été jugées recevables et il s'agissait de plaintes que seule la radio Nostalgie avait reçues. Le CSA a donc ouvert une instruction pour voir s'il y avait atteinte au respect de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Utilisation de stéréotypes pour faire passer un message

Dominique Vosters, président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, donne quelques précisions quant à la décision qui a été prise : " La décision vise clairement une campagne du distributeur Lidl, qui a utilisé bon nombre de stéréotypes pour faire passer son message et effectivement, on dit que la femme qui est belle est nécessairement dépensière et si elle est dépensière, elle est quasiment indépendante de son homme ... Un avertissement a donc été pris à l'égard d'un éditeur. Plusieurs plaintes ont été adressées contre plusieurs éditeurs, mais certaines n'étaient pas recevables donc on a gardé un éditeur en particulier, mais on ne stigmatise pas l'éditeur. C'est un message qui doit être adressé au monde de la publicité en général et aux annonceurs en particulier.

Le principe, c'est que l'éditeur est toujours responsable de tout ce qui est mis à l'antenne. Bien entendu il peut refuser des publicités mais l'idée ici est de faire passer un message vers les annonceurs, vers leur régie, pour qu'ils sachent qu'une disposition a été adoptée, qui n'est pas unique en Belgique et en Europe. Et donc il convient de la respecter désormais ".

Une modification du décret

Il précise également que c'est la première fois que les plaintes ont abouti à une décision : " Il s'agit d'une première car c'est une modification du décret que nous appliquons et qui remonte à 2016, et c'est la première fois que nous avons eu des plaintes qui ont été instruites et qui ont abouti à une décision. Le Jury d'Ethique Publicitaire, lui, applique les règles du décret, donc nous appliquons la loi et nous pouvons très bien avoir une autre approche. On a bien entendu que c'était surtout l'humour qui était employé, mais il y avait néanmoins des stéréotypes sexistes, et étant donné que le spot passait à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, des mineurs pouvaient entendre cette publicité, n'ayant pas cette sensibilité à l'humour du second degré ...".

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