Le confinement a-t-il profité aux apiculteurs belges ?

Le confinement a-t-il profité aux apiculteurs belges ?
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Le confinement a-t-il profité aux apiculteurs belges ? - © Gary Yeowell - Getty Images

Le printemps n’est pas encore terminé que les apiculteurs belges sont déjà à leur deuxième récolte de miel. Mais attention à ne pas associer cela au confinement.  

" La nature reprend ses droits ", probablement l’une des phrases que l’on retiendra de ces deux derniers mois. Il est tentant de penser que l’activité humaine au ralenti ait pu avoir un impact positif sur les abeilles et leur production plus que satisfaisante de miel à cette époque de l’année. Mais le raccourci est hasardeux. 

Sur le groupe Facebook " apiculture Belgique " qui compte 2500 membres, professionnels et amateurs, on peut lire : " cela n’a rien à voir avec le confinement, l’amalgame est souvent fait ".

Si l’année est bonne, c’est simplement parce que le climat a été bon, pas parce que les gens sont restés chez eux (…) c’est la nature qui décide, pas les hommes. 

Un avis partagé par Etienne Bruneau, le président du Centre Apicole de Recherche et d’Information (CARI), référence belge en matière d’apiculture : " il a fait très beau, les conditions étaient idéales pour les récoltes, tout a fleuri en même temps. On a trois semaines d’avance sur l’été avec déjà des miellées importantes. La miellée d’été est déjà en cours alors que nous sommes encore au printemps ". 

Un nouvel intérêt du consommateur pour le miel local et ses dérivés

Il y a un regain d’intérêt pour les produits locaux dont le miel.

C’est probablement un effet positif lié au confinement. Les gens ont eu plus de temps pour se promener, découvrir les alentours, et parfois à cette occasion, l’apiculteur du coin."

La Belgique produit en moyenne 800 tonnes de miel par an, c’est très peu. A titre de comparaison, la France produit jusqu’à 20 000 tonnes de miel par an. " on estime à 300 grammes par personne en moyenne sur l’année, une personne sur deux n’en consommerait même pas ". Cependant, Etienne Bruneau constate que les produits de la ruche connaissent une demande croissante depuis l'arrivée du coronavirus : " il est bien connu que le miel renforce l’immunité, c’est un produit que l’on associe volontiers au rhume, et dans ce cas-ci probablement au coronavirus. Ce que l’on constate, c’est que depuis l’arrivée du COVID-19 les ventes de gelée royale et de propolis ont explosé. La propolis est l'anti-virus naturel des abeilles. Même si ces produits de la ruche ne sont pas des remèdes contre le virus, ils sont réputés pour renforcer le système immunitaire ". 

Sauver l’environnement ou l’économie ?

Le président du CARI redoute cependant que le coronavirus ait un impact négatif à long terme sur l’apiculture en Belgique et ailleurs : " on a déjà constaté qu’en Italie, la priorité avait été donnée à l’économie. Il fallait produire à tout prix, les contrôles sur l’agricultures étaient quasi inexistant, certains agriculteurs en ont donc profité pour utiliser des produits non autorisés, très nocifs pour les abeilles."

Le confinement apporte quelque chose de positif à l’environnement en terme de diminution de la pollution, mais le problème c’est que les priorités axées sur l’environnement sont toutes mises de côté pour sauver l’économie. 

Selon la Fédération Apicole Belge, en 2017 il y avait 6000 apiculteurs inscrits au registre de l’AFSCA. Cependant, 80% du miel consommé en Belgique est importé.

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