Le coliving : la version chic de la colocation

Pauline, Louis, Javier: ces trois jeunes, originaires de pays différents, ont choisi de vivre ensemble. Mais leur cadre de vie n'a pas grand chose à voir avec une auberge espagnole. D'ailleurs, c'est bien simple, on ne parle pas ici de colocation, mais bien de coliving. 

Le coliving, c'est un peu la version améliorée de la colocation pour les jeunes actifs.

" Le mode de vie communautaire évolue", explique Amaury Michiels, de l'agence Ikoab: " Avant , la colocation s'adressait à des étudiants qui y trouvaient surtout un intérêt économique. Avec le coliving, nous ciblons davantage les jeunes actifs qui apprécient la vie communautaire dans des espaces qualitatifs." 

Le "all in" de la location

Prenez Pauline: elle a 28 ans, est française et elle a débarqué en Belgique les mains dans les poches : " Il a suffi de quelques clics de souris pour que je trouve ce logement. Pas besoin de surveiller les sites de petites annonces, de chercher sur Facebook, de me déplacer pour faire des visites. Je suis arrivée avec mes valises et je me suis posée immédiatement."

750 euros pour 20m², cela peut paraître élevé comme loyer, mais ici tout est inclus : les meubles, la déco, les charges, l'internet, le ménage et même les draps.

La maison de maître dans laquelle elle séjourne est située à Ixelles, à deux pas de la place Flagey. Elle est occupée par 9 locataires. Le loyer tourne aux alentours de 750 euros pour une chambre de 20m². " Cela peut paraître élevé comme loyer, mais ici tout est inclus : les meubles, la déco, les charges, l'internet, le ménage et même les draps", précise-t-elle.

Les prix sont calqués sur ceux d'un studio avec des service similaires.

Un stress sur le marché immobilier

A Bruxelles, quelques agences commencent à se partager le gâteau. Les unes sont propriétaires des biens, d'autres agissent pour le compte de propriétaires privés. Elles se rémunèrent alors sur la recherche de biens, la rénovation si nécessaire et les loyers perçus.

A Ixelles, - commune où se situent l'Université Libre de Bruxelles et les institutions européennes - le phénomène n'est plus anecdotique et pour ses détracteurs, il ajoute un stress sur un marché déjà très tendu.

Ces agences profitent d'un flou juridique...

L'échevin de l'urbanisme, Yves Rouyet , n'est pas opposé au principe du coliving, mais il aimerait qu'il soit davantage encadré : " Ces agences profitent d'un flou juridique qui leur permet de faire quasiment autant de chambres qu'elles le souhaitent dans un bien, sans qu'un permis soit nécessaire. En outre, elles ont un pouvoir financier - et notamment d'enchères -  avec lequel les familles ne peuvent pas rivaliser."  

Nous avons un réseau, des relations qui nous apportent nos propres affaires.

Amaury Michiels, de l'agence Ikoab, s'inscrit en faux contre ce dernier argument: " Nous ne sommes pas en compétition avec les particuliers, parce que nous ne trouvons pas les biens de la même manière. Nos biens, ce n'est pas sur Immoweb que nous allons les chercher. Nous avons un réseau, des relations qui nous apportent nos propres affaires. "

Une tendance amenée à se diversifier

Alors le coliving, situé dans les beaux quartiers, occupé par une population cosmopolite, serait-il réservé à la jeunesse dorée ? Cela ne correspond pas vraiment à la réalité de terrain, car le phénomène se déploie désormais dans toute la Belgique. Dans les années à venir , il devrait même se développer et coller davantage aux évolutions de la société. En proposant, par exemple, des logements communautaires aux familles monoparentales ou aux jeunes retraités


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