Le cashless : la solution très rentable pour les organisateurs

Si vous avez fréquenté les festivals cet été, vous l’avez inévitablement remarqué : le cashless devient la solution de paiement incontournable. Ce système sans argent liquide avec une puce électronique vise à simplifier la vie des festivaliers. Dans certains cas, il représente surtout une véritable machine à cash pour les organisateurs…

Un porte-monnaie virtuel au poignet

Avec le cashless, plus d’argent, plus de jetons pour régler vos consommations. Vos sous, ils se trouvent sur une puce électronique que vous rechargez via une appli ou auprès de bornes prévues à cet effet sur le lieu de l’événement. En quelques clics, vous voilà avec un porte-monnaie virtuel accroché au poignet. Pour payer, il suffit de badger au bar ou à la baraque à frites. La plupart du temps, les festivaliers apprécient. Pas de risque de perdre des billets, moins de files d’attente… Pour les organisateurs, ce système simplifie aussi la gestion, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement des bars. On sait en temps réel ce qui est consommé… Mais le cashless permet aussi subrepticement de remplir les caisses…

Sur son site internet, une société qui offre cette solution l’écrit noir sur blanc : "Avec le cashless, augmentez votre chiffre d’affaires de 60%. Davantage d’achats impulsifs ; un solde moyen sur les puces électroniques de 2,80 euros que certains festivaliers ne réclament pas…" Mieux encore : S’il vous reste des sous sur votre puce à la fin de certains événements, il faut payer pour récupérer votre argent. Aux Francofolies de Spa, par exemple, c’est un euro ! Autrement dit, si des milliers de festivaliers cherchent, en toute logique, à récupérer leur argent, c’est autant de milliers d’euros qui vont directement dans la poche du festival. De plus, s’il vous reste moins d’un euro sur la puce, c’est évidemment perdu.

Payer pour récupérer l’argent

Mais pourquoi faire payer le remboursement ? Aux Francos, no comment. Le sujet est tabou. Alors, nous en avons discuté avec l’organisateur d’un autre festival : les Solidarités, à Namur. Martin Wauthy veut jouer la transparence totale. Pour lui, pas question de réclamer des frais pour la restitution du solde des festivaliers. "Cela ne se justifie pas, nous dit-il, l’opération ne nous coûte rien. Ce sont les festivaliers, eux-mêmes, qui font le travail en remplissant le formulaire de remboursement en ligne, nous n’avons qu’à transférer ces formulaires par la suite…".

Il n’empêche. Pas de frais de remboursement aux Solidarités, mais une condition : avoir un solde minimum de 3 euros. En deçà, c’est perdu. "Nous ne voulions pas passer du temps à rembourser des sommes de 1 ou 2 euros, nous explique Martin Wauthy. Mais pour éviter de gruger les festivaliers, nous communiquons nos conditions partout sur le site du festival et, au moment de la clôture de l’événement, nous encourageons les gens qui ont un solde de 1 ou 2 euros à recharger leur puce pour atteindre les 3 euros minimum et ainsi être intégralement remboursés."

Les Francofolies, Espéranza, Les Solidarités, combien le cashless rapporte-t-il aux organisateurs ? Difficile à dire… L’an dernier, en tout cas, aux Solidarités, les soldes non récupérés sur les puces ont rapporté 20 mille euros. Où est partie cette somme ? Dans un fonds de solidarité qui permet d’offrir des places gratuites à un public défavorisé : les enfants du juge, des migrants ou encore des allocataires sociaux…

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