Le boom des caméras qui dépistent la fièvre

Une capture d'écran d'un moniteur relié à une caméra thermique utilisée dans le dépistage de la fièvre.
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Une capture d'écran d'un moniteur relié à une caméra thermique utilisée dans le dépistage de la fièvre. - © secureasy

Pour parler de l’explosion de la demande de ce type d’appareil, nous avons contacté une très petite et très jeune société, Secureasy, basée à Gembloux.

Constantin Kinart, son gérant, nous a accordé une interview malgré son emploi du temps très chargé en cette période de déconfinement. Car, il y a en effet du pain sur la planche pour cette société de seulement trois effectifs et d’à peine un an d’existence. Elle a clairement trouvé le bon filon : l’installation de systèmes de dépistage de la fièvre.

Initialement, elle installe des systèmes de sécurité en tout genre. Parmi ceux-ci, on retrouve les caméras intelligentes, dont appartiennent celles qui intéressent beaucoup de monde en ces temps de crise sanitaire, les caméras thermiques. Elles sont capables de détecter les personnes qui ont une température corporelle anormalement élevée. " A la base, ce sont des caméras thermographiques, donc, qui servaient à contrôler des espaces ouverts, à protéger contre les incendies ou utiliser pour l’inspection de l’isolation des bâtiments. ", nous explique Constantin Kinart.

Comment ça fonctionne ?

La jeune société propose plusieurs solutions en fonction de la taille de la structure à sécuriser.

  1. Nous avons tout d’abord la caméra portative, c’est un peu comme un pistolet, un thermomètre laser que l’on peut trouver en pharmacie, à la seule différence que celui-ci peut permettre de détecter à plus d’un mètre cinquante, donc en respectant les distances de sécurité.
  2. Une deuxième solution, c’est une caméra thermique à reconnaissance faciale. Ça, c’est installé sur une borne, et donc, il n’y a pas besoin d’un contact humain. C’est relié à un écran de contrôle qui émet une alerte automatiquement.
  3. Et alors, on a aussi une troisième solution, qui est beaucoup plus précise mais qui est plus onéreuse aussi, qui est plus prévue pour les grosses structures, c’est une caméra thermique qui est placée sur un pied ou sur un support fixe, avec un deuxième appareil qui va permettre d’échelonner la mesure de la température en fonction de la température de l’environnement. "

Quel que soit l’un de ces trois dispositifs, une alerte se déclenche quand une personne passant devant la caméra émet une température corporelle supérieure à un plafond déterminé. " On peut la configurer au souhait du client, maintenant, nous, ce qu’on conseille de faire, c’est de régler le système aux alentours de 37,3 degrés ou 37,5 degrés. " C’est plus bas que les 38 degrés, qui sont reconnus comme température anormalement élevée et comme symptôme potentiel du covid-19, mais le réglage des caméras tient compte de leur marge d’erreur.

Avec la version portative, la personne s’affiche à l’écran en rouge si sa température est trop élevée. Pour les autres solutions qui sont reliées à un moniteur et un opérateur, là, c’est sur le moniteur que ça va s’afficher. " Après libre au responsable des lieux d’intervenir dans un certain sens avec la personne détectée comme présentant une température élevée. " On conseille d’établir un plan d’action propre à leur structure, donc, ça peut être d’écarter la personne et de la conseiller d’aller voir son médecin. On met généralement nos dispositifs à l’entrée pour éviter que la personne qui a de la température, n’entre dans le bâtiment, dans l’entreprise ou dans l’administration. Certaines de nos solutions peuvent être intégrées à un système de contrôle d’accès. Si l’alerte est rouge, la barrière ne s’ouvre pas par exemple."

Des demandes de toutes parts

Avant la crise, la société n’avait reçu aucune demande de ce type et depuis, son carnet de commandes ne désemplit pas. Ecoles, administrations, entreprises… Les clients potentiels ne manquent pas !

Beaucoup cherchent à s’équiper d’appareils ou de dispositifs de prévention. " Actuellement, on est déjà, sans avoir les budgets marketing d’une grosse structure, à une bonne vingtaine de demandes en quelques jours. Ça va de l’administration d’une ville à une école, en passant par des maisons de repos, des entreprises et quelques " petits " indépendants… "

Des prix pour tous les budgets

Ces solutions sont vendues, mais sont aussi proposées à la location, pour les plus petits budgetsLa caméra portative d’une valeur de 1000 euros se loue à environ 150 euros/mois pour 12 mois ou environ 120 euros/mois pour 18 mois, service compris.

Pour le moment, la concurrence ne se fait pas encore trop ressentir. L’avantage de cette jeune société, est d’être dans les premiers à s’être lancé dans ce domaine d’expertise.

Utile, mais pas suffisant

Malgré l’intérêt de ce genre de technologies dans la lutte contre le covid-19, il est important de repréciser quelques informations.

  • La présence de fièvre chez un individu ne signifie pas que la personne est systématiquement porteuse du covid-19. Elle peut très bien souffrir d’une des très nombreuses autres infections.
  • Par ailleurs, une personne sans température élevée et qui passerait devant une caméra thermique sans déclencher d’alerte, peut très bien aussi être porteuse asymptomatique du covid-19.
  • Tous les autres gestes barrière, même dans un lieu où les risques sont réduits par ce genre de système de détection de fièvre, restent donc évidemment primordiaux.