La vie à l'internat : bien loin des clichés

Les élèves ont repris le chemin de l’école depuis plus d’un mois, certains ont également retrouvé l’internat… On en compte environ 130 en Wallonie et à Bruxelles. Mais pour quelles raisons parents et enfants optent pour l’internat?

L'internat "école de vie" est encore un élément important pour certains, mais moins qu’auparavant. Les motivations évoluent avec la société. Choix d'une option particulière, familles monoparentales, ou encore besoin d'un suivi pédagogique, les raisons sont multiples, l’internat répond à des besoins spécifiques.

Carine, maman de deux garçons, avait du mal à jongler seule entre l’éducation de ses jumeaux et son travail d’aide-soignante. Pour elle, l’internat était la meilleure des solutions. "Comme aide-soignante, je commence à 7h, mais je peux aussi travailler les après-midis ou en soirée et ne pas être présente pour les enfants aux moment clés de la journée". Une fois par semaine, elle dépose ses fils à l’internat Thil Lorrain d'Heusy. Dans un bâtiment flambant neuf, Jérôme et Mathieu sont entourés, accompagnés, et bénéficient d’un suivi pédagogique, comme l’ensemble des soixante élèves. L’objectif pour tous est la réussite. L’organisation de la journée est bien rodée, entre les périodes de travail et de loisirs.

Souvent vécu comme une punition, l'internat a évolué

Apres le goûter, l'étude est obligatoire pour tous, surveillée et collective pour les plus jeunes, individuelle en chambre pour les plus grands. "Tous les élèves vont à l’étude durant laquelle les éducateurs vérifient les journaux de classe, font faire les dictées avec plus petits, révisent éventuellement une leçon avec les plus grands, donnent des explications si besoin ", explique Janique Dethier, Administratrice de l’Internat Thil Lorrain.

Souvent vécu autrefois comme une punition, l'internat a évolué. Et si les règles sont parfois difficiles à respecter au début, la plupart des élèves s’adaptent rapidement.

François Piette est le directeur de l’internat Asty Moulin. "Ce n’est plus un lieu de placement, le jeune doit être d’accord de venir, nous recevons toujours les parents et le jeune, il doit être partie prenante, sinon, on ne l’inscrit pas". Cet internat namurois du réseau libre compte 225 internes. Parmi eux, Adèle, 20 ans. Elle a choisi l’internat. Elle habitait Philippeville, et passait une heure trente dans les transports en commun pour se rendre à l’école à Namur afin de suivre une option bien spécifique. Elle ne regrette pas son choix, qui lui permet d’étudier dans de bonnes conditions.

L’internat, combien ça coûte?

A Verviers, le coût de la pension s’élève à 2 335 euros. Un coût fixe pour l’ensemble des internats de la Fédération Wallonie Bruxelles. A Asty Moulin, les parents paient une pension de 3 240 euros. Dans le réseau libre, les frais d’inscription sont variables, mais ne peuvent dépasser le double du montant fixé pour les internats du réseau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soit environ 4 700 euros. Ce montant couvre les repas, le logement, les activité sportives et culturelles, les sorties, qui peuvent varier d’un internat à l’autre.

Selon Pierre Jacques, président du bureau des internats de l’enseignement catholique CEGEC, ce coût plus élevé dans le réseau libre subventionné s’explique par des subventions plus faibles que les dotations accordées aux internats organisés par la Fédération Wallonie Bruxelles. "Les subventions ne couvrent pas l'ensemble des frais d'entretien des bâtiments, ni le personnel, payé sur fonds propres". Nombreux sont les internats qui font appel aux bénévoles pour accompagner les élèves. Des professeurs retraités, par exemple, apportent leur soutien aux internes qui en ont besoin.

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