La vente de tabac a fortement chuté dans les zones frontalières

A Quiévrain, à quelques pas de la frontière française, les achats de chocolat, de bière ou de cigarettes rythment la vie des frontaliers et des commerces locaux. Si les bureaux de tabac sont nombreux le long de la route qui mène à la frontière, on compte aujourd’hui de nombreux volets baissés. L’activité économique est fortement ralentie depuis les restrictions liées à la crise sanitaire.

Il faut montrer patte blanche: les contrôles sont fréquents surtout côté français

Les Français ne sont plus libres de passer la frontière comme ils l’entendent. Ce sont donc essentiellement des frontaliers qui fréquentent encore ces commerces, les achats de la vie courante étant toujours autorisés pour ces habitants. Mais le business reposait aussi sur certains clients venus de beaucoup plus loin, qui parcouraient souvent plusieurs dizaines de kilomètres pour acheter leurs cigarettes. Ceux-là ne sont plus autorisés à venir se ravitailler.

Il y a toujours des réfractaires

Sur place, il ne faut pas chercher longtemps avant de trouver quelques irréductibles qui n'hésitent pas à prendre le risque d’un contrôle de police, comme cet habitant venu de Douai, un habitué qui nous avoue: "Je travaille en France et je n'ai pas le droit de rentrer en Belgique. Mais bon, je prends des risques. Après on verra (rires)". Ou encore un Lensois venu saluer sa famille à quelques pas de la frontière, côté français, et qui en profite pour acheter des cigarettes.

Les clients français maigrement remplacés par la clientèle du coin

Mais la majorité des clients français ont pris d’autres habitudes et ne franchissent plus la frontière, se désole Bruno le Torre, le responsable d'une station-serviceLa fréquentation de son commerce est en chute libre, et la baisse du chiffre d'affaires enregistrée est de 60 %. Sur les 5 employés que comptait la station, seuls deux font encore tourner la boutique, désormais fermée les week-ends.

Dans l'équipe, il y en a qui sont mis en chômage technique, parce qu'on a pas le choix. Il fait trop calme.

Pourtant, les commandes continuent d'arriver même si les rayons sont encore bien remplis. Ce sont en effet de gros clients qui ont déserté les lieux. Il était dans leurs habitudes d'acheter pour 150 à 200 euros en une fois, rien que pour du tabac.

Même son de cloche de Patricia Dubois, gérante d'un bureau de tabac: "On a que la clientèle du coin, en fait".

On a une grosse perte, les gens venaient de Cambrai, de l'Avesnois. On a plus ces gens-là.

Des pertes de particuliers qui se répercutent sur les caisses de l'Etat

Les pertes pour l'Etat en 2020 sont estimées à plus de 60 millions d'euros selon la Fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de cigarettes.

​​​​​​Le commerce transfrontalier du tabac constitue une importante source de revenus pour le Trésor belge. 

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