La téléconsultation: consulter son médecin via un ordinateur ou grâce à une application

Un problème à la maison ? Votre enfant est malade ? Plus besoin de se déplacer. La solution : un site où vous pourrez consulter directement un médecin. En Belgique, il y a Vividoctor. Tout semble bien aller dans le meilleur des mondes… dans le monde virtuel… Et vous, vous feriez confiance aux conseils d’un médecin via un ordinateur ou une application mobile ? « Je pense que cela peut être pratique mais qu’en même temps rien ne remplacera un être humain », « Il faut voir les prix… », « C’est mieux de se parler de vive voix qu’avec un ordinateur, vous n’avez pas des réponses à toutes vos questions… ». Les avis récoltés vont plutôt dans le même sens.

Prise de rendez-vous chez Vividoctor

Eh bien, pour le savoir, nous avons testé ! Nous avons pris rendez-vous avec un médecin chez Vividoctor. Quinze minutes de consultation pour quinze euros. Ça commence plutôt mal… Première étape : problèmes techniques… Nous serons tout de même remboursés. Seconde étape : le docteur annule le deuxième rendez-vous. Bon, finalement, nous demandons une interview à un médecin : refusée ! A un des actionnaires de Vividoctor : refusée également ! La raison de ces refus : une réorientation stratégique.

Nous avons alors demandé à un des responsables du Conseil de l’Ordre des médecins, quel regard il porte sur ce genre de site… Une téléconsultation via internet, c’est bien ? « Lorsqu’il s’agit d’un premier contact, il est évident que ce n’est pas l’idéal de le faire avec des moyens télévisuels ou avec des moyens à distance. Par contre, pour un patient qui est connu depuis longtemps, qui est suivi et dont le médecin tient un dossier médical global, il n’y a pas d’inconvénients à ce que le contact soit fait par l’intermédiaire d’un téléphone ou par l’intermédiaire de moyens audiovisuels comme ceux que mettaient en place les moyens de télémédecine ». D’accord, mais le système peut avoir des limites et là, c’est la sagesse de la rue qui parle. « Est-ce qu’à travers l’ordinateur, le spécialiste pourra vous faire un scanner… ? Est-ce qu’il peut vous faire une prise de sang à travers son appareil… ? Cela a des limites… ». Et la plus importante certainement : aucun remboursement n’est prévu !

Le télésuivi, autre facette de la téléconsultation

La télémédecine présente aussi une autre facette : le télésuivi. Comme à l’hôpital régional de La Citadelle à Liège. Paul Peeters souffre d’insuffisance cardiaque. Il y a quelques mois, on lui a posé un petit capteur dans une branche d’artère pulmonaire… Une opération pratiquée seulement dans deux hôpitaux en Belgique. Le système s’appelle « cardiomems ». Il permet de suivre le patient à distance et il envoie ces signaux directement sur l’ordinateur du médecin. « Voilà, avec le système cardiomems, nous pouvons surveiller les pressions au niveau des artères pulmonaires et anticiper les déstabilisations du patient et adapter au besoin, ses médicaments deux à trois semaines d’une éventuelle déstabilisation. Donc on a un gain de temps en termes de protection pour le patient et de surveillance » explique le Docteur Pierre Troisfontaines. Pour Paul, « c’est certain que savoir quinze jours à l’avance, on est plus ou moins prévenu de difficultés quelconques, j’ai vécu tellement de difficultés que je préfère être avisé et qu’on prenne les mesures qui s’imposent ».

Le télésuivi médical s’applique à des pathologies différentes. Qu’en pense l’Ordre des médecins ? « C’est certainement encouragé, ce sont des évolutions technologiques qui sont favorables mais toujours dans le contexte du patient connu, du patient qui a un dossier, du patient qui a été évalué en face-à-face ». Pourtant le télésuivi peine à percer. Les hôpitaux doivent assumer seuls la charge financière de ces nouveaux développements technologiques. « A l’heure actuelle, aucun remboursement n’est prévu pour ce type de dispositif. De même pour le suivi des patients porteurs de pacemaker interrogés à distance. Il n’y a pas non plus de financement en Belgique. Nous sommes un des rares pays européens où il n’y a pas de financement à ce niveau-là » nous explique à nouveau le Docteur Troisfontaines.

Pas de financement ni pour la téléconsultation ni pour le télésuivi, pas de cadre légal non plus. Il serait peut-être temps que la ministre de la Santé mette la télémédecine sur la liste de ses priorités.

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