La supérette peut coûter 35% plus cher que le supermarché

Impossible de passer à côté des Carrefour Express, Proxy Delhaize, Shop and Go, OKay et OKay Compact. En 20 ans, le nombre de supérettes a plus que doublé. Ces enseignes de la grande distribution ont pris la place des épiceries de quartier. A Bruxelles, elles sont à tous les coins de rue. En Wallonie, on les retrouve essentiellement dans les centres-villes, dans les rues commerçantes, dans les stations-service le long des nationales et dans les gares.

Si elles sont très pratiques, les supérettes ont aussi un coût. Sont-elles beaucoup plus chères que les supermarchés ? Nous avons sélectionné dix mêmes produits (pizza surgelée, spaghetti, canettes de bière, petit pain blanc, paquet de chips, pâte à tartiner, biscuits pour bébé, yaourts, café, chocolats). Pour ne pas comparer des pommes avec des poires, nous avons fait nos courses dans trois supérettes d’un même quartier. Puis, nous avons comparé le prix de chaque supérette avec celui de sa maison-mère.

Surprise à la caisse : OKay Compact du groupe Colruyt coûte à peine 1% plus cher que Colruyt. Pareil pour Proxy Delhaize : seulement 1% de différence avec Delhaize. Par contre, chez Carrefour Express, on a payé 8,5% plus cher que chez Carrefour Market.

La note peut encore grimper.  Dans le Shop and Go du métro Louise à Bruxelles, nos courses nous ont coûté 35% plus cher! Les supérettes qui se trouvent dans des lieux très fréquentés comme les métros, les gares ou les stations-service affichent toutes des prix plus salés. En cause : des loyers plus élevés.

"La majorité de nos affiliés respectent les prix conseillés par Delhaize", précise Karima Ghozzi, la porte-parole de Delhaize. "Mais les franchisés sont libres de pratiquer les prix qu’ils souhaitent. Il n’y a aucune limite, ni de minimum, ni de maximum." En revanche, chez Carrefour Express, c’est la maison-mère qui détermine les prix de chaque magasin en fonction notamment du loyer et des prix pratiqués par la concurrence. "Il faut que le magasin soit rentable pour Carrefour comme pour le partenaire franchisé", assène Baptiste Van Outryve, porte-parole de Carrefour.

Les consommateurs boudent les grands hypermarchés

Leur succès, les supérettes le doivent à des horaires attractifs (certaines ouvrent de 6h à 22h), une ouverture le dimanche et les jours fériés mais surtout à la proximité. Les citadins en ont marre de perdre du temps dans les trajets et les embouteillages. "S’il y a 20 ans, on prenait volontiers sa voiture tous les samedis pour aller faire ses courses dans un hypermarché, aujourd’hui, on considère cela comme une corvée", explique Julien Bach, Directeur Recherche et Développement chez Hub Brussels. "Désormais, notre temps libre, on veut le consacrer à des loisirs. On profite donc d’un déplacement à pied, à vélo ou en métro pour acheter au passage."

La formule est hyper rentable, tant pour la grande distribution que pour les franchisés

Si chez Colruyt, les supérettes sont gérées en interne, Carrefour et Delhaize travaillent uniquement avec des franchisés. C’est tout bénef pour les grands groupes qui parviennent à multiplier les points de vente et gonfler leur chiffre d’affaire sans trop d’efforts. Quant aux franchisés, même s’ils ont des obligations envers leur maison-mère, évoluer dans l’ombre d’un géant comme Carrefour ou Delhaize offre beaucoup d’avantages. Prise en charge de la logistique, mise à disposition d’un plan marketing en béton et d’une expertise sur-mesure, la maison-mère chouchoute ses franchisés.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK