La SNCB perd 70 millions d'euros de recettes par mois depuis le début de la crise

La SNCB perd 70 millions d'euros de recettes par mois depuis le début de la crise
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La SNCB perd 70 millions d'euros de recettes par mois depuis le début de la crise - © Esther Kelleter / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Alors que l’offre de la SNCB est revenue quasiment à la normale ce lundi 4 mai, on ne peut que constater les dégâts de la crise du coronavirus sur la santé financière du service ferroviaire.

Depuis le 16 mars dernier, la SNCB ne transporte plus que 10% de passagers par rapport à la normale.

En termes financiers, cela représente une perte de 70 millions d’euros de recettes par mois en tickets et abonnements.

Dès le début de la crise du coronavirus, la SNCB a vu son nombre de passagers chuter drastiquement. L’offre a tout naturellement été revue à la baise. Mais le rail ne s’est jamais arrêté puisque jugé comme crucial pour amener les travailleurs essentiels sur leur lieu de travail. La SNCB a donc dû s’adapter rapidement, dans des conditions compliquées. Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, précisait sur la plateau du JT de 13h de la Une

Nous avons eu un taux d’absentéisme important. De l’ordre de 20% le 20 mars. Aujourd’hui, il est à moins de 7%.

Par ailleurs, la semaine dernière, la fréquentation des trains était de moins de 10% dans 95% des trains en circulation. " Cela représente 90.000 passagers contre 900.000 un jour habituel hors crise liée au Covid-19 ", affirme Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB. En termes financiers, cela représente une perte de 70 millions d’euros de recettes commerciales par mois en tickets et en abonnements

Comment compenser ces pertes ?

En France, Jean-Pierre Farandou, président-directeur général de la SNCF, annonçait sur France Inter que la compagnie envisageait un plan d’aide de l’État et des suppressions de postes pour surmonter cette crise. Il assurait cependant qu’il n’y aurait pas de plan de licenciement.

Du côté de la SNCB, on affirme qu’il est encore trop tôt pour répondre à cette question. " Pour l’instant, nous nous concentrons sur la priorité absolue : continuer d’assurer notre mission de transport public dans le strict respect des directives gouvernementales ", précise Vincent Bayer.

Pierre Leujeune, président de la CGSP – Cheminots ne craint ni les suppressions d’emploies, ni un plan de licenciement. Pour une raison très simple...

92% du personnel est statutaire et ne peut pas être licencié du jour au lendemain. Et certainement pas pour des raisons liées au virus.

Concernant le personnel contractuel, il n’y a aucun plan de suppressions d’emplois à l’ordre du jour. 

Quid d’éventuels remboursements de vos tickets et abonnements ?

Les remboursements se feront eux selon les conditions de vente habituelles de chaque produit concerné. Pour le moment, il n’y a pas de geste commercial lié à la crise du coronavirus, mis à part une prolongation de validité des Pass papier de 10 trajets nous assure Vincent Bayer : 

Nous avons pris la décision de prolonger jusqu’au 30 juin 2020 les Pass qui arrivent à échéance durant la période de confinement.

Pour les cas précis, selon les tickets et abonnements, rendez-vous sur le site internet de la SNCB, pour le détail des conditions d’annulation. Mais attention, un mois entamé est un mois perdu. Et comme certains trains ont toujours roulé, il vous sera difficile d’obtenir tout type de remboursement.

Une reprise lente, dans le respect des mesures de sécurité

Depuis le lundi 4 mai, l’offre de la SNCB est quasiment revenue à la normale. 3.600 trains roulent quotidiennement. La compagnie constate une très faible augmentation de la fréquentation. " La circulation se déroule très bien, de façon fluide. La fréquentation sera progressive, en ligne avec les mesures de déconfinement décidées par les autorités ", annonce Vincent Bayeur.

Désormais, tout le monde doit respecter les mesures de distanciation physique, dans les rames et sur les quais. Les voyageurs de plus de 12 ans doivent obligatoirement porter un masque ou une alternative couvrant totalement le nez et la bouche. Vincent Bayer affirme que : " les voyageurs respectent cette obligation. Dans les cas où un voyageur se présente sans protection adéquate, il est invité par nos agents à s’en procurer une avant d’entrer en gare. Des contrôles ont lieu sur place, notamment par la Police et nos agents Securail. "

Pour assurer des conditions sanitaires strictes, la SNCB a dû investir pour la sécurité de tous. Nous avons réalisé une dépense d’à peu près 3,5 millions d’euros en termes de matériel sanitaire pour nos collaborateurs, sans compter les budgets supplémentaires de nettoyage renforcé de nos gares et nos trains ", conclut Vincent Bayer.

La CGSP – Cheminots avait souligné qu’elle veillerait scrupuleusement au respect de ces mesures. Force est de constater que les cheminots ont bien reçu le matériel de protection nécessaire et que les mesures de distanciation physique sont strictement appliquées. Pierre Lejeune tempère : " Nous restons vigilants. C’est une semaine transitoire, il y a très peu de voyageurs.

Les contrôles sont effectués relativement facilement. La situation sera plus compliquée quand le nombre de voyageurs augmentera considérablement.

De plus, aujourd’hui, les cheminots disposent de moyens de protection individuelle. Il faut veiller à ce que l’approvisionnement continue dans les semaines à venir… "

Pour l’instant, la priorité absolue est pour tous d’assurer la mission de transport public dans les conditions sanitaires de rigueur pendant toutes les phases du déconfinement progressif décidé par les autorités. Concernant les lourdes pertes financières, il est encore trop tôt pour savoir de quelle manière la SNCB y fera face.

Sujet du 19h30 de ce 03 mai: