La pêche durable gagne peu à peu du terrain, un pari sur l'avenir des ressources marines

En 30 ans, l'homme a puisé 30% de plus de ressources de la mer. Souvent de façon anarchique, sans se soucier trop de ce que sera fait le lendemain des pêcheurs. Une attitude peu responsable et qui ne s'inscrit pas dans le temps. Les ressources marines sont un apport considérable en protéines pour tous mais surtout pour les populations côtières du sud souvent en carence.  Alors vider les océans, c'est un peu vider l'avenir.

Heureusement, certains réagissent. Depuis 1999, le label MSC (Marine Stewardship Council) a vu le jour et s'est imposé peu à peu. Ce label garantit un produit issu d'une pêche durable, une pêche qui s'inscrit dans le temps et tient compte de l'avenir. Aujourd'hui, près de 20 ans après sa création, 10% de la production mondiale répond aux critères de ce label.

Pour vendre sous le label MSC, la première condition est de pêcher du poisson issu d'un stock suffisant et renouvelable. Régulièrement, les scientifiques du CIEM (Conseil International pour l'exploration des mers) rendent un rapport sur les populations de poissons et autres crustacés par zones de pêche. Un rapport basé sur des études statistiques et des observations. En cas de carence ou de diminution forte, les pêcheurs de la zone et du type de poisson sont tenus de limiter, voire interrompre les prises.

D'autre part, le pêcheur s'engage à respecter des techniques de pêche non destructives. Utilisation de filets à mailles sélectives, pratiques respectueuses des fonds marins. Le but est de respecter au mieux la diversité de la faune et de la flore. S'ajoute à cela l'obligation de gérer son bateau au mieux.

Toutes ces règles sont tenues à l'œil par des auditeurs indépendants. Ils peuvent contrôler le bon déroulement des opérations. C'est bien sûr un gage de qualité mais aussi une aide pour l'équipage, parfois demandeur de renseignements sur les meilleures manières de procéder.

Evidemment cela ajoute des frais à la pêche. 15 à 20% supplémentaire d'après Hendrik Colpaert, directeur commercial de la société néerlandaise de vente de poissons "Anova Seafood". Mais il ajoute que cela est obligatoire si on veut continuer à se nourrir de poissons encore longtemps.

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