La fin de l'emballage plastique pour les produits bio ?

Le bio emballé, c’est a priori un non-sens... Chaque jour, en effet, de nombreux consommateurs se plaignent de la quantité de déchets liée aux courses. Un problème que Delhaize a voulu traiter en misant sur le "natural branding", un marquage au laser haute définition sur la couche supérieure de la peau des fruits et légumes.

La technique est très précise et non toxique, comme le précise la firme bio Eosta. Installée aux Pays-Bas depuis 26 ans, celle-ci fournit de nombreux supermarchés européens, parmi lesquels cinq ont choisi en décembre le poinçonnage au laser. Un changement qui enthousiasme le responsable durabilité et communication Eosta, Michaël Wilde : "La machine laser séduit beaucoup de magasins. Mais comme nous n’en avons qu’une pour le moment, nous ne pouvons pas fournir tout le monde… Le but à terme, c’est d’arrêter le plastique. Nous avons quatre machines qui emballent les fruits et légumes de la sorte. C’est terrible ! Voyez un peu, pour un client en Suède, les emballages sur les avocats représentent 2 000 kilos de plastique… On pourrait faire deux fois le tour du monde avec… ".

Limiter les déchets

Chez Delhaize, l’esprit se veut aussi durable, d’où la présence de courges butternut affublées à présent du petit logo "bio" grâce au laser. "L’objectif, c’est vraiment de passer le plus de fruits et légumes dans cette machine, annonce Sven Vandevoorde, manager au département Fruits et Légumes de Delhaize. Cela permettra d'épargner treize tonnes d'emballages par an ... Nous souhaitons en effet avoir une vingtaine de références pour cet été. Le seul problème, c’est tout ce qui concerne les agrumes. Ces fruits régénérant par nature leur peau, le logo disparaît".

L’importance du logo

Loin d’être une fantaisie, le label bio est obligatoire sur les produits cultivés selon les normes européennes car ceux-ci ne peuvent être confondus avec d’autres produits. Une contrainte que Carrefour suit aussi à la lettre, sans pour autant miser sur le "natural branding". "L'emballage plastique a une raison d’être, confie Baptiste Van Outryve, porte-parole de Carrefour. Cela permet d'éviter la contamination avec les produits contenant des pesticides. Il faudrait utiliser d’autres tapis roulants en dépôt, d’autres bacs en plastique avec le marquage au laser". Une explication qui ne convainc pas Alfred Bernard, toxicologue à l’UCL Saint-Luc. Selon lui, "le transfert de pesticides par simple contact est un pseudo-argument. Franchement, les risques sont très limités… La réalité, c’est un problème d’hygiène. Les fruits et légumes peuvent être manipulés 4-5 fois par les clients… Et leurs mains ne sont pas toujours propres… L’idée du laser est bonne si elle permet de réduire les emballages plastique".

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