La deuxième vie des peluches

Que faire de toutes les peluches offertes à la naissance d’un enfant, parfois en triple exemplaire? Voilà une question fréquente dans beaucoup de familles. Y compris dans celle de Michaël Ledoux, ingénieux papa et inspecteur de police à l’intervention au commissariat d’Etterbeek.

C’est en rangeant les peluches délaissées par son enfant que l’idée a germé… Il y avait trois sacs remplis et il ne savait pas quoi en faire. Les jeter? Les donner? Mais à qui? Certains organismes n’acceptent que les jeux et refusent les peluches… " J’ai pensé que ce serait bien de les utiliser lors de nos interventions avec présence d’enfants, raconte ce policier. Souvent, c’est difficile pour eux de voir arriver des personnes avec armes et gilet pare-balles. Il faut les rassurer, leur faire comprendre qu’ils n’ont pas à avoir peur de nous ". Et pour ça, une peluche est un vecteur idéal. L’enfant qui vient de vivre un grave accident de voiture, un important incendie ou une grosse dispute familiale est souvent traumatisé…

 

Des objets qui ont beaucoup plus de valeur qu'on ne le pense

C’est pour ça que l’initiative de Michaël Ledoux, vite rejoint par son collègue Patrick Gilis, a été acceptée par le chef de corps à la zone de police bruxelloise Montgomery. " En voyant l’impact positif sur l’enfant, j’ai tout de suite donné le feu vert pour que d’autres peluches soient récoltées, précise le big boss Michaël Jonniaux. On en a fait la promotion lors d’événements et tout de suite, on a vu arriver plein de sacs de peluches. C’est une belle démarche citoyenne… Mais là, on déborde. On a deux caves remplies, d’un côté les peluches non lavées, de l’autre, les propres qui peuvent aller directement dans le coffre de la voiture d’intervention ". Celles-là sont prêtes pour entamer une seconde vie… Car oui, ces objets ont beaucoup plus de valeur qu’on ne le pense. " Dans le coffre, on met toujours un sac avec plusieurs peluches pour permettre à l’enfant de choisir celle qu’il préfère, explique le policier Michaël Ledoux. C’est lui et lui seul qui décide. C’est important… ".

Aujourd’hui, le commissariat d’Etterbeek croule sous les peluches, ce qui amène à quelques réflexions. " Cela va devenir difficile d’en accepter encore, conclue le chef de corps de la zone bruxelloise Montgomery. L’idéal serait que les autres commissariats suivent l’initiative… Certains nous appellent et nous posent des questions sur le fonctionnement ". La bonne nouvelle, c’est qu’il est simple à mettre en œuvre.

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