La cryolipolyse: technique dangereuse?

Nous avons eu droit à une entrée en matière bien sympathique... Mais nécessaire pour qui veut perdre ses bourrelets. Une fois les paramètres encodés, la séance de cryolipolyse peut commencer. Pour ce faire, le protocole est très précis : on applique une lingette de gel siliconé sur la zone à traiter, histoire de protéger la peau de brûlures possibles. "Au départ c'est inconfortable pendant deux minutes et puis après la peau est anesthésiée par le froid", nous précise notre dermatologue.

La cyrolipolyse : une technique loin d'être anodine

Pour être détruites, les cellules graisseuses doivent être exposées à une température de -9 degrés durant une heure. Mais ici, la démonstration est beaucoup plus courte... Après une séance, l'apparition de rougeurs est tout à fait normale. D'ailleurs, elle est expliquée au préalable dans un formulaire de consentement qui s'accompagne d'un questionnaire à remplir... Des documents importants lorsqu'on voit les effets secondaires sur certains. "Certaines photos montrent bien qu'il ne s'agit pas d'une technique anodine. Ce sont des effets secondaires de patientes qui ont été en institut de beauté. Et malheureusement que l'on récupère nous, les dermatologues. Mais ce ne sont pas de petites brûlures, ça peut aller jusqu'à la nécrose des tissus. Et là ce sont des traitements qui sont très lourds et qui nécessitent parfois même des interventions chirurgicale", raconte Muriel Creusot, dermatologue.

Vu la gravité des accidents, nous avons décidé de partir en caméra cachée dans deux centres de beauté qui font de la cryolipolyse. Premier arrêt, premier étonnement : "Il n'y a pas vraiment de bilan médical à faire. Le traitement dure 55 minutes, tout le monde dort durant les 55 minutes", nous dira-t-on. Au deuxième arrêt, la prudence est de mise : "On va toujours faire un bilan au préalable. On regarde un peu votre état de santé, vos habitudes alimentaires, ce que vous recherchez, le but de votre venue. On regarde un peu la zone; c'est pas moi, c'est ma collègue qui s'en occupe. Elle a une formation au niveau de ce qui est esthétique et une formation en nutrition également".

Et notre dermatologue rappelle que la cryolipolyse est un acte médical. Pourquoi? "Parce que vous allez franchir la barrière cutanée, vous allez agir en-dessous du niveau de la peau, au niveau de la graisse. C'est un acte qui nécessite un examen avant. Par exemple au niveau de l'abdomen, l'absence de cicatrices, l'absence de hernie. Si vous devez faire une cryolipolyse au niveau des cuisses, il faut s'assurer qu'il n'y ait pas de varices. Tout ça, ce ne sont quand même pas des choses anodines".

Attention à ceux qui minimisent les risques liés à la cryolipolyse

Un discours qui semble compris par le responsable du deuxième centre... "La grosse différence entre chez nous et ce que va faire, par exemple, un dermatologue, c'est que lui en tant que médecin, va bien souvent aller nettement plus en négatif. Donc nous, on va traiter une zone en deux à trois séances, que lui va la traiter en une à deux séances. Donc nous on en fait une de plus pour éviter les risques liés au froid. Risque d'engelure ou ce genre de chose...". A -4 degrés, le danger est pourtant présent...

Attention donc à ceux qui minimisent les risques liés à la cryolipolyse. "Il n'y a pas besoin d'être médecin pour le faire ni d'avoir un bilan médical. C'est comme si vous me disiez: 'Est-ce que j'ai besoin d'un bilan médical pour être épilée'".

De suite, notre dermatologue réagit : "Ce n'est pas vrai. Même les brûlures d'épilation, c'est moi qui les récupère. Je ne suis pas du tout d'accord avec cette remarque. C'est un acte médical qui reste un acte médical".

Reste après la question du prix : le moins cher, c'est le deuxième centre où la séance coûte 200 euros. Le premier centre, lui, pratique les mêmes tarifs que la dermatologue, c'est-à-dire 300 euros, mais sans les précautions d'usage...

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