La compensation carbone : vraiment utile ?

Replanter des arbres par millions à Madagscar, c'est le projet fou d'une ONG belge, nommée "Graine de vie". Grâce à elle, depuis dix ans, de nouvelles forêts sortent de terre. Son objectif : faire de la compensation Carbone. " La compensation, c'est donc le fait de redonner à la planète des ressources qui vont lui permettre d'absorber le trop de CO2 que nous avons émis grâce à nos activités. La seule façon d'aider les gens à compenser leur empreinte écologique, c'est de protéger les forêts et reforester " explique Frédéric Debouche. 

Deux tonnes de CO2 émises par personne pour un vol Bruxelles-New-York

Un vol Bruxelles-New-York, par exemple, c'est environ deux tonnes de CO2 émises par personne. Seule manière d'absorber ce carbone : reforester. Pour planter ses arbres, l'organisation reçoit de l'argent d'entreprises. Un euro reçu, c'est quatre arbres replantés : " Il y a des calculs qui se font, qui permettent de déterminer qu'avec x milliers d'arbres, une entreprise va compenser x tonnes de CO2 ".

Exemple avec une entreprise de fabrication de châssis. Celle-ci voulait réduire son impact sur l'environnement : " Dans un premier temps, l'entreprise a fait un bilan carbone dans le but d'établir l'ensemble de ses émissions sur une année. Une fois qu'on a ce bilan, le but est évidemment de réduire ces émissions. Une fois que ces émissions sont réduites, on doit continuer à fonctionner donc on ne peut pas non plus les ramener à zéro. L'idée est donc de compenser le solde " explique Patrick De Briey. 

De la compensation carbone pour quelques euros

On comprend cette démarche pour ce type d'entreprise. Les châssis sont des produits écologiques, car ils permettent déjà d'économiser de l'énergie... Mais pour un vol en avion... c'est différent... Jean-François vend des voyages et propose à ses clients la compensation carbone pour quelques euros. Il explique : " On propose aux voyageurs de compenser en carbone leur vol. C'est-à-dire qu'on calcule quel est le nombre de tonnes ou de kilos dégagés dans l'atmosphère et puis on leur propose de payer la plantation d'un certain nombre d'arbres à Madagascar dans un organisme local. Et on leur propose de payer une compensation en carbone ".

Pour certains, compenser une activité clairement polluante, c'est se donner bonne conscience et garder ses mauvaises habitudes de consommation. C'est une première critique. Des associations écologiques en émettent d'autres. " Ces mécanismes de compensation fonctionnent souvent avec un effet retard, c'est le deuxième problème. Quand on plante un arbre, il ne capte pas instantanément le CO2 qui est sensé être compensé. Cela va parfois lui prendre plusieurs dizaines d'années avant de réduire ses émissions, or il faut réduire les gaz à effet de serre aujourd'hui et pas attendre des années ". Même pour notre agent de voyage qui fait de la compensation carbone... il reste un problème plus profond à régler : " Nous mettons les gens dans l'avion. Donc notre organisme qui veut proposer des voyages vrais et équitables contribue à la pollution de la planète. Cela nous pose, en tant qu'organisme de voyage, un problème de conscience. Et je dirais que la compensation carbone des vols, si je devais faire une comparaison, c'est "on a une blessure et on met un pansement et on ne soigne pas la cause". Pour moi la compensation carbone des vols, c'est un peu mettre un pansement sur une blessure. C'est la soigner temporairement ". 

Compenser, c'est bien, mais pour certains, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. Pour beaucoup, l'objectif principal, c'est d'atteindre le zéro émission de CO2.

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