La batterie domestique n'a pas d'avantages économiques

Produire et stocker son électricité à la maison est maintenant possible. Grâce aux batteries domestiques, l'électricité est stockée chez soi et peut être utilisée lorsque c’est nécessaire. Un nouveau pas vers le développement durable mais qui n’a pas encore d’intérêt économique en Wallonie.

Les batteries domestiques existent depuis quelques années mais c’est avec le lancement en 2016 de la Powerwall de Tesla qu’elles se sont fait connaître au grand public. En Wallonie, une dizaine de personnes en ont installé une. L’idée d’être un peu plus autonome du réseau électrique traditionnel plaît mais l’aspect financier en refroidit plus d’un. Il faut compter environ 8 000 euros pour l’achat et l’installation de la batterie. Même si elle peut stocker l’énergie provenant du réseau électrique, l’idéal est de la relier à une installation de panneaux photovoltaïques, ce qui engendre des frais supplémentaires.

Jean-Pierre Dupret a décidé de sauter le pas. Cet habitant de Grez-Doiceau observe attentivement les avancées technologiques dans le développement durable. Après avoir installé des panneaux photovoltaïques il y a dix ans, il installe aujourd’hui une batterie dans son garage. " Je veux participer à un mouvement qui est l’équilibrage du réseau, explique-t-il. Nous ne sommes qu’au début des recherches et je veux participer à l’innovation et aux expériences ".

Une innovation non-rentable

Actuellement en Wallonie, c’est la règle du compteur qui tourne à l’envers : un Wallon qui produit de l’électricité avec ses panneaux photovoltaïques réinjecte l’énergie qu’il ne consomme pas sur le réseau traditionnel. Cet ajout d’électricité fait alors tourner le compteur dans le sens inverse, ce qui est un réel avantage. Avec la batterie, une partie de l’électricité n’est pas réinjectée sur le réseau et le Wallon n’y gagne rien.

Avec des panneaux photovoltaïques, le particulier consomme 25% de sa production d’électricité. Avec l’ajout des batteries, il peut monter jusqu’à 50%. " Le particulier aura toujours besoin du réseau pour pouvoir s’alimenter en hiver, là où il y a moins de production photovoltaïque " précise Michael Puglia, directeur technique de la société Energreen.

Une technologie en pleine évolution

Pour Damien Ernst, professeur en électromécanique à l’ULg, cela ne sert à rien d’installer ces batteries aujourd’hui. " Mieux vaut attendre qu’il y ait un contexte régulatoire avantageux en Wallonie mais cela n’arrivera pas avant 2019 ". D’après lui, le modèle traditionnel va évoluer dans les prochaines années. " On peut imaginer des maisons coupées du réseau électrique. Avec les panneaux et les batteries, les habitants gèrent leur propre consommation. Pour ce qui est des variations du flux intra-saisonnières, les voitures électriques pourront venir combler les besoins en énergie en se chargeant sur des bornes externes ".

Les cadres législatifs devront donc évoluer pour permettre à ces nouvelles technologies de trouver leur sens.

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