La 5G : un avis du Conseil Supérieur de la Santé dans la tourmente

La 5G a commencé son déploiement en Belgique en avril dernier. Le premier opérateur à se lancer. Proximus, n'y voit que des avantages. Pourtant nombreux sont ceux qui se posent la question des effets de la 5G sur la santé. Argumentations et contre-argumentations sont au centre du débat.

"On n'est pas des pigeons" jette un pavé dans la mare : un avis du Conseil Supérieur de la Santé de mai 2019 qui présentent des études prouvant la dangerosité des ondes de la mobilophonie sur la santé n'est pas reconnu par … un de ses membres directement concerné puisqu'il fait partie de la Commission des ondes non-ionisantes.

Il y a eu une demande de la part de beaucoup de bourgmestres de pouvoir suspendre cette 5 G

La 5G, c'est clair, c'est plus rapide et ça permet de connecter un plus grand nombre d'objets. Et il n'y a pas que le gsm qui est concerné … on parle aussi d'utilisation de voitures autonomes ou de fonctionnement de la télémédecine.  Depuis le mois d'avril, Proximus voulu installer une couverture sur l'ensemble des Régions. Aujourd'hui, une quarantaine de communes sont couvertes en Flandre. Rien en région bruxelloise et seulement deux communes en Wallonie, Charleroi et Frasnes-lez-Anvaing. Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus : "Il y a eu une demande de la part de beaucoup de bourgmestres de pouvoir suspendre cette 5 G afin de recevoir tout une série d’informations"

Pas pris au sérieux

Les ondes éléctromagnétiques pourraient représenter un danger pour la santé. Voilà pourquoi, il faut respecter un principe de précaution … c'est en tout cas la demande lancée dans une pétition signée par plus de 1000 médecins et soignants l'Hippocrates Electrosmog Appeal. Depuis le lancement de cette pétition, ils ont vraiment l'impression que les femmes et les hommes politiques ne les prend pas au sérieux.

Arrêtez de qualifier toutes les personnes qui questionnent le bien-fondé du déploiement de la 5G comme étant des complotistes

Message du Dr. Magali Koelman (Electrosmog Appeal) au monde politique :" Arrêtez de qualifier toutes les personnes qui questionnent le bien-fondé du déploiement de la 5G comme étant des complotistes. Ce n’est pas une réalité. Ou alors, nous devons nous inquiéter parce que nous avons plus de mille soignants complotistes .. des neurochirurgiens qui sont complotistes, des médecins complotistes, des neurologues complotistes. Alors, on aimerait une petit plus de respect et de considération par rapport aux informations que nous voudrions vous transmettre "

"Cherry picking"

On picore dans certaines études qui mettent l’accent sur les dangers de la 5G

Parmi les arguments de cet appel : un avis du  Conseil supérieur de la santé, l'organe d'avis scientifique du très officiel service public fédéral de la Santé en Belgique. Il date de mai 2019. Il concerne notamment l'exposition aux rayon non ionisants. Il précise, entre autre que l'exposition maternelle à ces champs électomagnétiques est associée à des troubles du comportement et du langage chez l'enfant. Pourtant, cet avis du Conseil supérieur de la santé est critiqué. Test-achats parle même de "cherry picking". En fait, dans ce cas, on utilise uniquement ce qui sert sa propre argumentation. David Wiame, expert Telecom chez Tests-Achats : "C’est une sorte de picorage, donc on picore dans certaines études qui mettent l’accent sur les dangers de la 5G alors que, et je le rappelle ici, ce qui est important c’est de prendre l’ensemble des études sur le marché."

"Un choix peut-être mal avisé ?"

Qu'en est-il ? Nous avons rencontré un membre du Conseil Supérieur de la Santé. Pour le docteur Jacques Vanderstraeten, c'est clair, les ondes électromagnétiques sont vraiment à prendre avec précaution : " Personne ne peut à ce jour vous dire et surtout à l'ère de la 5G qu’il a zéro risque. Personne ne peut à ce jour vous dire que les champs électromagnétiques vont tous nous rendre malade".

La plupart des éléments cités dans cet article n’ont jamais été retenus dans nos avis à ce jour

Pourtant, face à l'avis de mai 2019 du Conseil Supérieur de la Santé. Sa réaction est étonnante .. d'autant plus qu'il est membre de la Commission "rayonnements ionisants", la plus concernée par l'argumentation. Il se désolidarise du texte :" Ce rapport, nous en avons eu connaissance après sa sortie, mais nous n’avons pas été consulté pour la rédaction de ce chapitre précisément concernant les rayonnements non-ionisants. La plupart des éléments cités dans cet article n’ont jamais été retenus dans nos avis à ce jour.". Cela veut-il donc dire qu'il ne cautionne pas ce paragraphe ? Sa réponse : "Ca veut dire que les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît et qu’effectivement qu’il y a eu un choix qui semble avoir été peut-être mal avisé ".  

Pourtant, le docteur Vanderstraeten voudrait aller plus loin. Il a déjà fait appel aux dons pour lancer une recherche dans ce domaine. L'important serait en effet de trouver les moyens pour faire toute la clarté sur la dangerosité éventuelle des ondes électromagnétiques. Un dossier où les intérêts des uns et des autres brouillent les pistes. 

La 5G, entre progrès et dangers

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